À travers une mise au point du lundi 05 mai, la Fondation Katangaise, une association sans but lucratif regroupant les fils et filles de l'espace Katanga, a dénoncé ce qu'elle appelle de cirque judiciaire dans la démarche consistant à lever les immunités du Président honoraire de la RDC Joseph Kabila Kabange.
« Nous disons non à l'instrumentalisation de la justice : halte au cirque judiciaire contre le Président honoraire Joseph KABILA KABANGE», lit-on dans cette mise au point de Dieudonné Banga Mukose, Président de cette structure.
La Fondation Katangaise explique que l'initiative de poursuivre Joseph Kabila constitue une dérive populiste et que son auteur s'est substitué en magistrats ou encore officiers du ministère public.
«Nous dénonce avec la plus grande fermeté la dérive populiste et dangereuse incarnée par les déclarations intempestives du Ministre d’État à la Justice, Monsieur Constant MUTAMBA. En foulant aux pieds les principes élémentaires de l’État de droit, ce dernier outrepasse ses fonctions, se substituant aux magistrats, aux officiers du ministère public et aux juges, dans une confusion de rôles totalement contraire à l’ordre juridique congolais. Cette posture est inacceptable dans une démocratie digne de ce nom. La justice ne se rend ni sur les plateaux de télévision, ni à travers les réseaux sociaux, encore moins par des campagnes de lynchage médiatique. Elle ne se rend pas non plus à travers l’acharnement contre une figure historique et emblématique”, poursuit Dieudonné Banga Mukose.
Et d'ajouter :
«Toute tentative de détournement de l’appareil judiciaire à des fins politiciennes est une attaque directe contre la République. Nous rappelons que le Président Honoraire de la République jouit d’un statut particulier régi par une loi spécifique, lui conférant un privilège de juridiction. En méconnaissant cette disposition, le Ministre Mutamba foule aux pieds non seulement la Constitution, mais aussi les fondements même de notre démocratie. La Fondation Katangaise pose une question de principe : de quel droit un ministre peut-il réunir des preuves ou ordonner des poursuites ? Depuis quand le Ministère de la Justice remplace-t-il le Parquet, les Cours et Tribunaux ? Cette dérive révèle une instrumentalisation manifeste de la justice à des fins de règlement de comptes politiques».
Dans la même mise au point, la Fondation Katangaise appelle le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde à ne pas cautionner cette démarche fondée sur l’illégalité, mais plutôt à défendre avec responsabilité la dignité de l'institution qu'il préside.
«Aujourd’hui, nous nous insurgeons contre la stigmatisation ciblée des figures Katangaises à travers : des procédures judiciaires expéditives et sans fondement, des attaques contre la propriété privée, une campagne de discrédit menée en ligne, des actes d’intimidation répétés, et des perquisitions arbitraires visant notamment Joseph KABILA KABANGE, qui pour avoir été Président de la République élu, est le seul Sénateur à vie et plus haut notable Katangais et Congolais vivant, ainsi que Moïse KATUMBI CHAPWE, ancien et dernier Gouverneur du Katanga unifié”, a-t-il ajouté.
Pour la Fondation Katangaise, cette démarche n'est pas une aubaine sachant que le pays a besoin de l'unité de tous ses enfants.
«Alors même que la République a besoin de cohésion et d’unité pour faire face aux multiples défis qui la traversent, et qu’un autre fils de notre espace, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, Président de la CENCO, œuvre courageusement à un dialogue inclusif et à une paix durable, la Fondation Katangaise travaille chaque jour à renforcer le vivre-ensemble et la paix au sein du Grand Katanga. Cette dynamique exige désormais une implication claire et directe du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant du bon fonctionnement des institutions, afin de recadrer un ministre dont les agissements nuisent gravement à la stabilité de notre pays. La cohésion nationale ne se construira jamais sur l’humiliation sélective ou l’instrumentalisation de la Justice. »
Et d'ajouter :
«Le droit ne se crie pas. Il se dit dans la dignité et s’exerce dans la rigueur.
Ce combat n’est pas partisan. C’est celui de toutes les Congolaises et de tous les Congolais épris de justice, d’équité et de respect des lois».
Pour le contexte, le Sénat devra se prononcer sur la nécessité de la levée des immunités de Joseph Kabila, Président honoraire de la RDC qui est visé par une procédure judiciaire.
José Mukendi