Le vice-premier ministre, ministre de l'intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières Daniel Aselo a répondu vendredi 1er avril aux préoccupations soulevées par les élus nationaux lors de l'examen de la question orale avec débat lui adressée par le député national Jean-Pierre Kayembe Ilunga sur sa gestion “tendancieuse” des conflits dans les provinces et les relations entretenues avec les institutions provinciales.
À la suite de cet exercice, l'auteur de la question orale avec débat a formulé des recommandations à Daniel Aselo afin d'améliorer sa manière de gérer la territoriale et assurer la sécurité des biens et des personnes.
"Je demande au vice-premier ministre, ministre de l'intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières d'abandonner son bureau climatisé, d'assurer l'itinérance dans toutes les provinces ou par territoires pour palper les vraies réalités du terrain, je recommande au VPM de cesser les immixtions intempestives dans la gestion des institutions provinciales tout en laissant les provinces fonctionner conformément aux lois de la République, aux grands maux des grands remèdes, dit-on, je recommande au ministre de l'intérieur de proposer au conseil des ministres et au Chef de l'État la libre administration spéciale de la province de Sankuru. Comme j'ai eu à le démontrer ici, nous vivons la milice au Sankuru, voilà pourquoi je demande la libre administration de la province de Sankuru par la nomination d'un gouverneur non originaire, c'est-à-dire d’un commissaire spécial pour gérer la province jusqu'aux élections prochaines. Je recommande au VPM, ministre de l'intérieur libérer la province du Nord-Ubangi en mettant fin à la gestion provisoire actuelle qui retarde son développement et de demander à la commission électorale nationale indépendante d'organiser l’élection du gouverneur pour mettre fin aux tensions qui se vivent dans ce coin de la république", a recommandé le député national Jean-Pierre Kayembe Ilunga dans son mot de la fin.
M. Ilunga demande aussi au VPM de l'intérieur “de veiller à ce que la tracasserie policière cesse et que les éléments de la police de circulation routière arrivent à bien gérer la circulation pour éviter les embouteillages et mettre fin aux barrières illégalement érigées. Il doit veiller afin que la circulation des taxis motos soit bien réglementée pour ainsi éviter les désordres constatés dans ce secteur. La sécurité étant l'une de ses prérogatives, il doit veiller à ce que les personnes et leurs biens soient protégés contre les inciviques qui sèment la panique et la terreur dans toutes nos provinces respectives".
L'élu de Kananga dans la province du Kasaï Central dit rester attentif sur la mise en application de ses recommandations à l'endroit du VPM, ministre de l'intérieur. Au cas contraire, il n'exclut pas l'option d'initier d'autres interpellations contre Daniel Aselo Okito.
"Il a répondu quand même à quelques préoccupations soulevées par les honorables députés nationaux, il a reconnu par ci par là quelques failles, il a demandé pardon, c'est comme ça que nous avons tenu à faire des recommandations pour qu'il puisse exécuter les lois de la République. Nous nous sommes là, nous sommes des gendarmes de ceux qui nous ont mandatés, nous avons formulé des recommandations et nous allons veiller pour voir si le ministre va les appliquer ou pas. Au cas où le ministre ne les applique pas, nous avons encore d'autres initiatives que nous pouvons initier pour le rappeler pour qu'il vienne nous dire pourquoi il n'a pas tenu compte de nos recommandations", a prévenu Jean-Pierre Kayembe Ilunga.
Face aux accusations soulevées par l'auteur de la question Orale avec débat, Daniel Aselo Okito avait dans sa réplique commencé par expliquer qu’il a hérité d’une crise institutionnelle quasi-généralisée au niveau des 17 provinces sur les 26 provinces dont Haut-Lomami, Mongala, Mai-Ndombe, Tshopo, Ituri, Kwango, Kongo Central, Kwilu, Lomami, Lualaba, Kasai, Tanganyika, Bas-Uélé, Kasaï Central et Sankuru. A cette liste s’ajoutent le Nord-Ubangi et Kinshasa.
"Des motions de défiance, de censure ou des pétitions étaient votées par les Assemblées provinciales à l’encontre des gouverneurs ou vice-gouverneurs de provinces ; à la suite de la mauvaise gestion ou la gestion opaque déclarée ou avérée de la chose publique par des exécutifs provinciaux" s'est-il justifié.
Sur instruction du Président de la République, a-t-il rappelé, en conseil des ministres du 7 mai 2021, le VPM Aselo a été chargé de prendre contact avec la CENI afin d’organiser les élections dans les provinces où les gouverneurs ont été déchus et d’organiser les rencontres avec les présidents des assemblées provinciales et les gouverneurs de provinces où les crises persistaient en vue d’une solution politique consensuelle. Il dit avoir initié des consultations avec les animateurs des institutions provinciales.
Ces consultations ont, selon lui, réussi à faire baisser les tensions dans les provinces de la Tshopo, de Lomami, de Mongala, du Maniema et du Bas-Uélé. Par ailleurs, le VPM Daniel Aselo a dit qu’il est difficile pour lui d’entretenir des relations sans heurts avec toutes les institutions provinciales au regard des invitations obligées en sa qualité de ministre en charge de sécurité et de l’ordre public, notamment dans les conflits qui opposent les deux institutions provinciales, généralement.
Pour ce qui est de l’intervention tendancieuse dans le règlement des conflits dans les provinces, le VPM Daniel Aselo regrette que l’auteur de la question orale n’ait pas donné des cas précis. S’agissant du conflit réglé par décision judiciaire, a-t-il dit, sa position a toujours été de respecter la volonté du juge, au nom du principe de séparation du pouvoir, socle de l’Etat de droit.
Berith Yakitenge