Lundi 29 mars 2021 - 08:16

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RDC: pour les élections en 2023, il faut reformer ou réajuster la CENI ?
Alain KILAPI / Expert électoral

Elections en 2023 selon le délai constitutionnel, dépolitisation de la CENI, remplacement des animateurs de la CENI avant ou après les reformes…Des sujets qui occupent le devant de la scène politique congolaise créant de la méfiance entre acteurs politiques et préparant les paisibles citoyen à une psychose à venir. À qui profite cet état de chose ?

Y a-t-il un moyen d’y remédier ? 

Lors de mes deux précédentes tribunes, j’ai présenté un rappel historique sur l’organisation des élections en RD Congo. J’ai également proposé quelques pistes de solution pour éliminer ce sentiment de rejet manifesté du processus électoral par une majorité de la population parce que jugé peu crédible. À ce jour, je sors à nouveau de mon silence pour mettre les acteurs politiques et de la société civile devant leurs responsabilités mais aussi sensibiliser la population sur la situation électorale et ne plus être la caisse de résonance des politiciens.

Parler de la tenue ou du report des élections en 2023 à ce jour est certes légale mais reste hasardeux et prématuré pour des raisons que je vais évoquer dans ces colonnes.

Dépolitisation de la CENI

Je pense que les Congolais ne sont pas dupes et savent pertinemment que « l’homme politique agit toujours par intérêt ». Les politiciens peuvent-ils nous proposer une solution pour réellement dépolitiser la CENI ? Dès lors que les solutions proposées rencontrent les intérêts d’une classe politique, je me demande en quoi cette institution d’appui à la démocratie serait-elle dépolitisée. Que fait la société civile pour prendre le devant dans les propositions de réforme ? Qui parmi nous peut prendre le risque d’acheter une serrure chez un voleur ?

Pour organiser les élections en 2023, devrions-nous REFORMER ou REAJUSTER les deux principales lois, celles portant organisation et fonctionnement de la CENI et la loi électorale ?

Au niveau de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, toute proposition visant à revoir le nombre d’animateurs au bureau et à la plénière, passer à une présidence rotative, réserver la Présidence à une seule église jugée crédible par certains acteurs, exclure les délégués des partis politiques au bureau et à la plénière est pour nous inefficace et ne résout aucun problème de fond. 

Concernant la loi électorale, le retour à l’élection présidentielle à deux tours, l’élection des Gouverneurs au suffrage universel direct, l’interdiction de se porter candidat à plusieurs scrutins ou l’interdiction d’avoir pour suppléant un parent biologique aussi constitue à ce jour des réajustements mineurs qui peuvent être débattus et adoptés en un temps record sans incidence sur l’année 2023.

Les vrais enjeux de réforme du système électoral congolais

1.    Au niveau de la loi portant organisation et fonctionnement :

o   La création d’un organe de gestion des élections au niveau du Ministère de l’intérieur avec l’actuel Secrétariat exécutif national comme Direction générale dudit organe et ainsi exclure la désignation des délégués des partis politiques et de la société civile. Cette proposition convient-elle à ceux qui réclament des reformes avant la désignation des membres du futur bureau de la CENI ?

o   La redéfinition des mandants, s’il faudrait rester sur la désignation des représentants. Parmi les huit confessions religieuses retenues pour désigner le Président de la CENI, les Branhamistes, les témoins de Jéhovah, les adeptes de Maman Olangi et tant d’autres se retrouvent-ils ? Combien de temps va-t-il falloir pour mettre en place une nouvelle liste plus inclusive des mouvements religieux quand nous savons que les Congolais s’accordent difficilement ? Nos guides spirituels auront-ils suffisamment d’amour du pays pour conclure ce dossier dans un bref délai pour ne pas impacter négativement la suite du processus au-delà de 2023 ?  

2.    Au niveau de la loi électorale :

o   Concernant la modification du ou des critère(s) pour être électeur, un seul point mais pas le moindre m’intéresse. Pour être électeur, il faut entre autre critère, être détenteur d’une carte d’électeur, donc, en clair avoir été identifié et enrôlé (au moyen de l’opération de Révision du fichier électoral effectuée par la CENI). Il faut sans détour, changer cette disposition et reconnaitre l’électeur donc l’identité et reprise dans le registre national de la population, d’où le fameux RECENSEMENT.

   

Pour des décisions courageuses 

Point n’est besoin de rappeler ici qu’avec notre faible budget et mobilisation des recettes, l’opération de révision du fichier électoral par la CENI est trop couteuse et inutile quand on peut réaliser le recensement administratif, d’où sera extraite la liste des électeurs. 

Les regards sont donc tournés vers l’Opposition politique, la Majorité au pouvoir, les confessions religieuses. Qui aura le courage de dire cette vérité à la population que le recensement est la seule façon efficace et efficiente de constituer un fichier électoral ?  

Pour apaiser les esprits, j’aimerais rappeler que, scientifiquement, le recensement est un cliché du mouvement de la population sur une aire géographique donnée et ne peut se faire au-delà de 90 jours sur cette aire précise. En combien d’aire opérationnelle ce pays peut être divisé ? Quelles sont les ressources financières, humaines et matérielles dont le pays aura besoin ? 

La classe politique qui bénéficie des avantages du pouvoir semble faire croire à la population qu’en RD Congo, nous n’avons que cinq scrutins (Présidentielle, députation nationale, provinciale et sénatoriale et gouverneurs) alors qu’il en existe six autres jamais organisés ni réclamés (Conseillers urbains, maires, conseillers municipaux, bourgmestres, conseillers de secteur, chef de secteur). 

A ce jour, la priorité, pour moi serait la désignation des nouveaux dirigeants de la CENI au format actuel avec mission et mandat d’apurer les arriérés électoraux (six scrutins jamais organisé depuis 2006).

Au même moment, une équipe d’experts de la société civile, sous le leadership de la CIME, se pencheraient sur des vrais sujets de réforme ci-haut évoqués.

Une fois la nouvelle configuration connue, les nouvelles lois proposées, on désigne les nouveaux animateurs de la centrale électorale qui remplaceraient ceux qui auront pour mission d’organiser les locales et municipales.

Que Dieu bénisse la république démocratique du Congo.

Alain KILAPI / Expert électoral

 

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