Minembwe:  Après la tempête, les gens doivent rendre des comptes (Lubaya)

André Claudel Lubaya

Tribune

Passé le temps de l’émotion, de la révolte et de la dénonciation, c’est maintenant le temps de la raison et de questionnement en toute sérénité. A première vue, le feuilleton Minembwe a le mérite d’être révélateur de la confusion délibérément entretenue par les forces coalisées (FCC-CACH) dans la conduite des affaires de l’État.  

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1.    Le Premier ministre, signataire de l’Ordre de mission qui a envoyé le Ministre et des hauts gradés des services à Minembwe, est resté complétement muet. 

2.    Le Ministre de la décentralisation a affirmé, à Minembwe, avoir agi au nom du gouvernement et du Président de la République. L’installation des autorités de Minembwe s’est faite en présence du Chef d’état-major général des FARDC, du Commissaire Général de la Police et des hauts responsables des renseignements, contrairement aux usages en la matière dans la territoriale.  

3.    Le Ministre de l’intérieur n’a pas contesté la démarche de son collègue de la décentralisation. Il n’a dit mot.  

4.    Au nom du Gouvernement et dans des termes clairs, le porte-parole a défendu bec et ongles la régularité de l’installation d’une administration à Minembwe au point que ses explications, manifestement tirées des délibérations du Conseil des ministres, ont amené certains compatriotes à soutenir, à justifier et relayer sans gêne l’imposture de Minembwe, en lui trouvant même une cohérence malgré tout contestable. 

5.    Le Président de la République a désapprouvé l’acte posé par le Ministre de la décentralisation, de même qu’il a réfuté la thèse défendue sur les médias par le porte-parole du gouvernement. Il a également désavoué tous ceux qui, par déni de la réalité, ont soutenu publiquement ce grossier mensonge.

6.    En conséquence, le gouvernement a un devoir pressant de clarification pour fixer l’opinion sur les contours de ce qu’il convient d’appeler «feuilleton de Minembwe» et pour lequel les gens doivent rendre des comptes. De même, l’opinion attend d’être informée de la mise en place effective de la Commission scientifique annoncée par le Président de la République.


Kinshasa, le 09 octobre 2020

Lubaya Claudel André