Les casques bleus de l’ONU vont être redéployés dans la région de Mutwanga, à une cinquantaine de kilomètres à l’Est de Beni-ville, en secteur de Rwenzori (Nord-Kivu), près de huit ans après leur retrait dans la zone. La Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO) qui annonce l’option indique que ce redéploiement vise à prévenir les attaques menées, ce dernier temps dans la région, par des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
«L’intérêt de ce déploiement sera de rapprocher les troupes du théâtre des opérations pour qu’elles puissent être plus efficaces en intervenant plus rapidement (…) C’est-à-dire que nous allons devoir renforcer nos activités d’engagement communautaire, d’orientation des communautés et de renforcement des mécanismes d’alerte précoce pour que les informations que reçoivent les communautés, sur les mouvements de l’ennemi, puissent être efficacement relayées, et en toute confiance, vers les personnes qui sont chargées, au niveau civil, de collecter ces informations afin d’aider ou d’orienter les actions de la force de la MONUSCO, des FARDC, de la PNC, des chefs locaux et prévenir ainsi les attaques», a expliqué sur Radio Okapi, Essoh Essis, le chef de bureau intérimaire de la Monusco pour le Petit-Nord, au terme d’une mission conjointe MONUSCO-FARDC effectuée début septembre dans la région de Mutwanga.
Depuis quelques mois, Mutwanga et ses environs font face aux attaques récurrentes des rebelles ADF. Depuis mi-février, plus de 80 personnes ont péri dans diverses attaques dans la région, attaques menées par des combattants ADF en représailles aux opérations militaires dites d'envergure lancées dans la région fin octobre 2019 en territoire de Beni.
Lors de la mission conjointe dans la zone de Mutwanga, la Monusco révèle avoir échangé avec la population qui exprime «des frustrations d’avoir vu partir la Monusco que rassurait la population par rapport à sa sécurité». D’où la décision de la Mission de l’ONU de se redéployer.
Claude Sengenya