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RDC : l’artiste Géraldine Tobe propose l’art-thérapie pour les patients du CNPP

Vendredi 10 janvier 2020 - 17:19
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RDC : l’artiste Géraldine Tobe propose l’art thérapie pour les patients du CNPP

Géraldine Tobe Mutamande connue pour l’utilisation de la fumée noire comme élément de base dans ses créations, vient de s’inscrire dans un registre médical à travers  “Handicap Mental”. Il s’agit d’un projet dont le but est d'accélérer la guérison des maladies psychologiques à travers la peinture. 

 

RDC : l’artiste Géraldine Tobe propose l’art thérapie pour les patients du CNPP

Bonjour Géraldine. Dernièrement, vous avez lancé un projet en faveur des personnes vivant avec un  handicap mental. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Géraldine Tobe : si je suis aujourd’hui dans le monde des arts c’est grâce à mon grand frère qui est une personne vivant avec handicap mental. Quand il avait 8 ans, il a cessé d’aller à l’école à cause des troubles psychologiques dont il souffre. Par contre, il faisait de l’art à la maison. Il m’y a initié, il a fait de moi une véritable artiste. Je reste donc convaincue qu’il y a des valeurs dans chaque personne vivant avec handicap.

Quels sont vos objectifs ?

Géraldine Tobe : sur ce projet, je travaille sur la réintégration des malades mentaux dans la société ainsi que leur autonomisation. J’espère que des centres vont être ouverts sur l’ensemble de la République pour accueillir  les personnes qui souffrent des troubles mentaux.”

 

RDC : l’artiste Géraldine Tobe propose l’art thérapie pour les patients du CNPP

 

En quoi la peinture peut-elle être importante pour cette catégorie des personnes ?

Géraldine Tobe : la peinture favorise le réveil des capacités de création artistique innées. La peintures et les dessins permettent de dresser un portrait psychologique de chaque malade, ce qui va suffisamment aider les psychologues à bien cerné la cause de l’anomalie et pourra servir de support au traitement. L’art est un outil qui apporte beaucoup de contribution dans la santé mentale de tous, saines d’esprit ou malade mental.

Avez-vous déjà mené des actions dans ce sens ?

Géraldine Tobe : le 06 décembre dernier, nous avons officiellement lancé ce projet au Centre Neuro psycho-Pathologique (CNPP) de Kinshasa où nous avons également clôturé une série de formation avec 15 patients. Grâce à quelques exercices pratiques, nous les avons initié à la peinture. Nous avons découvert parmi eux, des talents d’artistes. Certains mêmes avaient interrompu leurs études à l’Académie des Beaux-arts à cause de la maladie. Selon les médecins, d’autres étaient renfermé sur soi depuis plusieurs mois. Grâce à ces exercices, ils ont pu ressortir leurs émotions et leurs sentiments. 

Quelles méthodes avez-vous mis en place pour faciliter les exercices ? 

Géraldine Tobe : nous avons d’abord organisé une formation spéciale au cours de laquelle les artistes encadreurs ont acquis des notions d’art-thérapie auprès d’un médecin en neuropsychiatrie(Cette méthode consiste à utiliser le potentiel d'expression artistique et la créativité d'une personne à des fins psychothérapeutiques ou de développement personnel Ndlr), dans le but  de savoir comment appréhender les malades. Nous avons aussi initié les temps de dialogue entre les malades et les artistes encadreurs, où certains malades ont appris les différentes techniques du dessin.On peut guérir le handicap mental à travers de la peinture.

 Eprouvez-vous également des difficultés ? Si oui, lesquelles ?

Géraldine Tobe : oui, nous rencontrons  beaucoup de difficultés. En termes de finances, nous sommes parfois butés aux réalités du milieu qui font que nous soyons conditionnés à travailler avec un nombre limité des malades.  Et pourtant, nous envisageons de travailler avec toutes catégories de personnes en situation de handicap.

Pour vous, que faudrait-il faire pour améliorer le traitement des malades au CNPP ?

Géraldine Tobe : revoir les conditions de vie des malades, intégrer des activités occupationnelles comme l’art. L’art-thérapie fera aussi  partie du traitement.

Un dernier mot ?

Géraldine Tobe : nous faisons appel aux partenaires et  aux personnes qui peuvent nous prêter main forte, de manière à ce que ce projet puisse bien fonctionner et qu’il puisse y avoir un programme permanent parmi les traitements destinés aux malades mentaux.

Né à Kinshasa en 1992, Géraldine Tobe travaille en tant qu’artiste visuelle. Elle est membre du collectif “Bokutani artistes réunis” depuis 2012.

 

Propos recueillis par Prisca Lokale

 

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