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Photo ACTUALITE.CD.

La journée ville morte voulue ce vendredi 22 novembre par le groupe de pression « parlement debout de Furu », à Butembo, pour dénoncer la résurgence des tueries des civils à Beni s’est transformée en une manifestation de colère. Ce mouvement a causé des altercations entre les manifestants et les forces de l’ordre. Les initiateurs de la manifestation avancent un bilan provisoire de trois personnes blessées par balles et plus de dix autres interpellées.

Les altercations ont débuté quand la police voulait dégager les artères principales barricadées par les manifestants dans certains quartiers chauds de Butembo, dont Furu, à la sortie nord, et Mutsanga, à la sortie nord-est.

« Jusque-là (13h00' locales), nous venons d’identifier trois personnes blessées par balles. Deux sont de Furu, dont une jeune fille de 13 ans atteinte à la clavicule que nous venons d’acheminer dans un poste de santé et un homme grièvement blessé au pied. Il y a des habitants de MGL, à hauteur de Furu, qui viennent de nous appeler qu’il y a une femme blessée également. Ce sont là les conséquences de recours aux armes à feu pour réprimer les manifestations. Il y a également 10 personnes jusque-là interpellées par la police », rapporte Léon Tsongo, du parlement debout de Furu.

Jusqu'à 12 heures, des habitants terrés chez eux  

A Furu où notre reporter s’est rendu, jusqu'à 12 heures, des habitants peinaient à sortir de leurs domiciles suite aux coups de feu qui retentissaient. Des dizaines d’éléments de la police y ont été déployés pour dégager la route barricadée, tôt le matin, et empêcher toute tentative d’attroupements et de manifestation.

« Nous sommes terrés chez nous depuis 7 heures. On ne sait pas quitter, il y a des coups de feu qui retentissent toutes les 5, 10 ou 15 minutes. Des policiers pourchassent des jeunes du quartier. On s’abstient de sortir pour éviter d’être assimilé aux manifestants », explique au téléphone, Elvis, un jeune domicilié de Furu.

« Nous sommes venus empêcher les troubles qui voulaient se passer ici à Furu. Des jeunes manifestants viennent de se retrancher sur ces collines de Kikyo et de Vulindi. Nous devons les empêcher de revenir barricader la route, parce que ça sera empêcher le trafic à l’entrée de la ville », nous explique un policier posté à quelques mètres du majestueux pont Sino Hydro, les yeux tournés vers ses cibles.

La ville paralysée 

Entre-temps, au centre-ville de Butembo, les activités restent paralysées. Jusqu'à 13 heures, boutiques, magasins, banques et marchés n’ont pas ouvert. Les écoles ont  renvoyé les écoliers et étudiants à la maison, pour éviter toute surprise désagréable à cette journée où les influents groupes de pression de Butembo, notamment la "véranda Mutsanga" et le "parlement debout de Furu" ont appelé les habitants à observer une journée ville morte pour décrier les tueries de Beni et exiger le départ de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RD Congo, qu’ils accusent de «n’avoir rien fait pour empêcher la résurgence des violences qui endeuillent Beni, depuis plus de 5 ans».

Le commissaire supérieur de la police en ville de Butembo, le colonel Richard Mbambi, promet de faire le point cet après-midi car, fait-t-il remarquer à ACTUALITE.CD, l’« opération de maintien d’ordre public se poursuit».  

Claude Sengenya

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