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Ph. Pascal Mulegwa

L'Ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) à Pretoria a demandé, lundi 9 septembre 2019, à ses ressortissants, victimes des violences xénophobes qui secouent les mégapoles sud-africaines, d'apporter des "preuves tangibles".

Dans un communiqué signé par l'ambassadeur Bene M'poko, la représentation diplomatique s'adresse aux ressortissants congolais "qui ont été directement ou indirectement victimes" desdits actes à "bien vouloir la contacter". Elle demande qu'une "description des faits, accompagnée des preuves tangibles, soit transmise au bureau de l'ambassade chargé des affaires publiques".

Dirigées contre les immigrés africains et asiatiques dans le pays le plus industrialisé du continent, les violences xénophobes se sont soldées par la mort d'une dizaine de personnes.  

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga avait annoncé que la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, pourra se rendre à Pretoria dans les prochains jours si ces violences mettent en insécurité les ressortissants de la RDC. "Quel que soit ce qui est arrivé ces jours, nous ne devons pas oublier que l’Afrique du Sud est un pays frère et ami, qui a aussi ses problèmes internes", avait nuancé Ilunkamba.

Le Nigeria a annoncé, ce lundi, le rapatriement de quelque 600 compatriotes qui "désirent rentrer au pays".

Les immigrés sont ciblés pour avoir massivement envahi le secteur de l'emploi dans un pays frappé par un taux élevé de chômage. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a dénoncé, jeudi dernier, des violences "inacceptables" marquées par des pillages et des attaques "injustifiables".

"Des vies ont été détruites. Il ne peut pas y avoir d'excuse pour la xénophobie. Il n'y a aucune justification pour les pillages et les destructions", a ajouté le président Ramaphosa dans un message télédiffusé.

L'Afrique du Sud est régulièrement secouée par des violences xénophobes sur fond d'un fort taux de chômage et la pauvreté. Au moins 7 personnes avaient été tuées en 2015 au cours de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg et à Durban. Les plus meurtrières violences xénophobes dans ce pays remontent à il y a 11 ans. Elles avaient fait une soixantaine de morts.

Christine Tshibuyi