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Retour de Moise Katumbi à Lubumbashi. Photo/Christine Tshibuyi

"Je ne suis pas la Cour constitutionnelle", l'opposant Moïse Katumbi,  de retour au pays, a réitéré sa position, se passant des revendications postélectorales de Martin Fayulu Madidi, candidat qu'il a soutenu - avec d'autres leaders de la coalition "Lamuka" - à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018.    

Fayulu revendique toujours sa victoire. S'appuyant sur des résultants compilés par l'Eglise catholique, il  affirme avoir remporté le scrutin, tout en réitérant que sa victoire lui a été "volée" par Joseph Kabila, qui l'a, selon lui, attribuée à Félix Tshisekedi.

"Il y a eu les résultats de la Cour constitutionnelle … je ne suis pas au dessus de la loi. Ce qui est important pour moi, c’est que le nouveau président puisse changer le pays et nous de l'opposition nous allons l’y aider", a déclaré l'opposant Moïse Katumbi, de retour d'un exil de trois ans en Belgique, le lundi 20 mai.

L'opposition que veut incarner Katumbi sera "exigeante" mais, a-t-il précisé : "nous allons condamner là où il le faut."

"Nous voulons aller de l'avant"

Katumbi qui a combattu le régime de Joseph Kabila au cours de trois dernières années depuis l'étranger, a rappelé que lui et ses "frères  Martin Fayulu et  Jean-Pierre Bemba" ont transformé la plateforme électorale "Lamuka" en plateforme politique.

"Nous voulons aller de l'avant, nous sommes très regardants et très exigeants", a-t-il ajouté.

Aux yeux de Katumbi, le plus important est de voir si le président Tshisekedi "va oublier le peuple".

"Je ne crois pas", a-t-il dit, dénonçant le retard dans le rapatriement et l'inhumation de la dépouille de feu Etienne Tshisekedi. Plus de deux ans après son décès, le corps du père du chef de l'Etat, est gardé dans une morgue à Bruxelles.                                        

"Pour nous, les Africains, ce n'est pas bon, c'est un père à moi, Félix est un frère. Ce qui est arrivé au père du président Tshisekedi ne devrait pas se répéter. En tant qu’opposition, nous allons défendre la population congolaise », a-t-ils relevé.

Très difficile de parler des 100 jours sans gouvernement

Si l'opposant s'éloigne davantage de la lutte de son allié Martin Fayulu - qui revendique toujours la vérité des urnes -, il salue par contre les premières actions du président Félix Tshisekedi.

Il a d'abord noté qu'il est "très difficile de parler des 100 jours" car il n'"y a pas eu de gouvernement".

Dans les 100 jours, a-t-il indiqué, "il y a eu des choses positives telles que la libération des prisonniers politiques, la suppression des cachots du service des renseignements, j'ai eu mes gens qui ont fait 9 mois au cachot... Il y a des opposants en exil qui sont en train de rentrer. Et tout ça, c'est dans le cadre de la décrispation politique."

Les premiers 100 jours de Félix Tshisekedi se sont bel et bien épuisés sans un gouvernement.

Le Premier ministre, issu de la coalition de l'ex-président Joseph Kabila (FCC), n'a été nommé que lundi 20 mai, 4 mois après l'investiture du président.

Christine Tshibuyi, à Lubumbashi