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RDC-Ituri : Les miliciens FRPI font payer jusqu’à 100 USD comme taxe de “migration” à la frontière avec l’Ouganda

Mardi 7 mai 2019 - 10:35
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Un milicien dans l'est de la RDC.

Les miliciens des Forces de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) ont instauré une taxe de “migration” vers l’Ouganda. Ils sont présents au poste frontalier de Bagumu, dans la localité Kalyabugongo, située au sud du territoire d'Irumu.

Selon les informations livrées à ACTUALITE.CD par les notables locaux, ceux qui traversent en Ouganda par le poste frontalier de Bagumu sont obligés de débourser des montants allant jusqu’à 100 USD comme “frais de migration.

" Les miliciens de FRPI ont installé leur camp à la périphérie du poste frontalier de Bagumu. Ils ont initié une taxe qu'ils dénomment taxe de migration. Chaque passager est conditionné de payer 100 dollars, parfois 5 000 FC avant de traverser en Ouganda. L'année passée, ils avaient tué au moins 11 personnes dans cette zone. Nous appelons le nouveau régime de frapper fort cette milice car nous souffrons", a expliqué le week-end dernier à ACTUALITE.CD John Kabwa Nduru, un des notables du secteur de Bahema-sud, dans le territoire d’Irumu.

De l’Ituri, la traversée en Ouganda se fait principalement par voie lacustre, mais des voies terrestres non considérées comme des postes frontaliers légaux sont souvent utilisées par les populations des deux pays notamment pour les échanges commerciaux.

Le député provincial Kakoraki Baguma Pascal, élu d’Irumu, appelle l’Etat congolais à jouer pleinement son rôle.

" C'est une honte d'apprendre qu'en présence d'un gouvernement très responsable qu'un groupe d'aventuriers (miliciens) imposent les taxes comme s’ils en avaient qualité. Je m'interroge si nous sommes dans la situation d'un État dans un autre État ? C'est vraiment ridicule. Le gouvernement doit mettre les services de l'Etat congolais à ce poste frontalier ", a-t-il réagi.

Depuis quelques mois, le processus de démobilisation des miliciens FRPI entamé par les autorités à travers le STAREC (programme de reconstruction des zones sorties des conflits) piétine. Plusieurs miliciens qui étaient déjà cantonnés, notamment dans un site aménagé à Kamatsi et Gety, ont regagné la brousse.

Franck Asante