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Leilla Zerrougui / Ph. ACTUALITE.CD

 

La Mission de l'ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) n'a pas confirmé, lundi 22 avril, l'activisme de l'Etat islamique (El ou Daesh) dans le territoire de Beni où l'organisation terroriste revendique avoir mené un assaut contre une caserne des forces armées, mardi dernier.

Lors d'un point de presse, lundi 22 avril, à Kinshasa, la cheffe de cette mission, Leilla Zerrougui, s'est montrée prudente, évitant de confirmer la revendication mais a assuré que la mission prenait au sérieux cette menace.

"Nous avons vu cette revendication. Nous sommes en train de l'examiner. Ce qui est sûr est qu'elle est sortie sur un site qui est connu pour faire ce genre de déclarations pour l'Etat islamique. Est-ce que c'est de l'opportunisme, est-ce que vraiment ils ont des liens ? Parce que la déclaration est venue deux jours après. Donc on est en train de voir, nous on sait que l'attaque a été faite par ADF (ndlr, Forces Démocratiques Alliées), d'après le modus operandi", a déclaré  Mme Zerrougui, appelant l'Etat congolais à "renforcer la surveillance de ses  frontières."

L'Algérienne à la tête de la MONUSCO depuis février 2018, a affirmé avoir "envoyé une équipe pour avoir plus d'appréciations" sur la question.

"Nous prenons au sérieux ce genre de déclarations, nous ne les négligeons pas. Et nous considérons que nous devons renforcer la riposte là-bas", a-t-elle dit devant la presse.

Pour la cheffe onusienne, le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est une zone où "il faut avoir une stratégie multiaction, renforcer la surveillance des frontières, mener des actions militaires, assurer le contrôle de tout ce qui peut alimenter ce genre de choses, c'est-à-dire les mines et le trafic illicite."

Si la MONUSCO doute encore, l'armée congolaise n'a pas été surprise par la revendication de l'Etat islamique.

Depuis 2015, le gouvernement crie au terrorisme dans le territoire de Beni où une vague de massacres déclenchée depuis octobre 2014 est attribuée aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

L'état-major général des Forces armées de la RDC (FARDC) s'est montré un peu précis en indexant une "coalition terroriste internationale" regroupant notamment des sujets ougandais, rwandais, burundais, kenyans, tanzaniens, sud-africains, mozambicains et "d’autres renégats œuvrant à partir de certains pays voisins".

Organisation terroriste, militaire et politique, d'idéologie salafiste djihadiste, l'El a pour but d'établir un califat dans le monde musulman et instaurer la charia.

Il a des lien avec l'ADF, a affirmé dans une interview accordée le week-end dernier à ACTUALITE.CD, Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). "Affirmer qu'il existe des liens entre les deux groupes est très différent de dire qu'il existe une réelle collaboration opérationnelle", a-t-il nuancé.

Christine Tshibuyi