Une vue de la prison centrale de Bukavu, au Sud-Kivu, le 28/07/2017. Radio Okapi/Ph. Emmanuel Elameji.

L’ONG de défense des droits de l'homme “Initiative congolaise pour la justice et la paix” (ICJP) invite les autorités à suspendre provisoirement la prison centrale de Kabare, où des cas de décès à répétition des détenus sont enregistrés notamment à cause de manque de nourriture.

Au moins 13 pensionnaires sont morts, depuis le début de l’année en cours, dans cet établissement pénitentiaire.

"L'ICJP appelle à la suspension provisoire de la prison de Kabare et transférer les détenus dans les prisons du Sud-Kivu, conformes aux standards internationaux relatifs aux droits des détenus", a fait savoir Raphaël Wakenge, coordonnateur de l'ICJP, dans une déclaration ce mardi à Bukavu.

Au cours de mois d’octobre, 4 détenus ont perdu la vie à cause de la faim et des conditions inhumaines dans la prison de Kabare.

"Pour le respect de la légalité, l'ICJP vous prie de prendre les mesures nécessaires pour l'alimentation et la santé des victimes encore en vie et l'indemnisation des familles des victimes décédées", ajoute le responsable de l'ICJP.

L’organisation demande aussi au gouverneur du Sud-Kivu de retirer l'arrêté nommant un commissaire à la Justice à la place du ministre provincial en charge de la Justice.

"Nous demandons au gouverneur de retirer l'arrêté provincial n° 18/037/GP/SK du 04/09/2018 portant création, organisation et fonctionnement d'un commissariat chargé de la Justice, des Droits de l'homme, de la Fonction publique, de l'Emploi portant nomination d'un commissaire provincial chargé de la Justice, des Droits mais de nommer un ministre de la Justice et des Droits humains ou à la limite d'attribuer les charges précitées à un ministère existant”.

Dans une correspondance adressée aux autorités judiciaires, l'Initiative congolaise Justice et Paix en collaboration avec la Nouvelle dynamique de la société civile (NDSCI) soutient que la mise en place d’un commissariat à la Justice viole les prescrits constitutionnels.  

"Aucune disposition constitutionnelle ou légale ne confère au gouverneur de province le pouvoir de créer un commissariat chargé de la Justice, des Droits humains (...)", martèlent ICJP et NDCI.

Depuis sa nomination par le gouverneur de province, le commissaire provincial à la Justice est controversé par les défenseurs des droits de l'homme.

Justin Mwamba

 

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