Le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) a saisi la médiation de l'État du Qatar. Dans une lettre datée du 1er novembre 2026 à Gom et dont ACTUALITE.CD a consulté, la plateforme met en garde contre « les risques d'une remise en cause du cadre constitutionnel de référence du processus de paix de Doha ». Le courrier est signé par Bertrand Bisimwa en sa qualité de vice-président du FRN.
Le Front dit réagir aux « récentes déclarations et actions » du président Félix Tshisekedi. Il cite d'abord l'adoption par les deux chambres du Parlement d'une loi référendaire, qu'il présente comme le préalable obligatoire à tout changement de la Constitution. Il rapporte ensuite deux déclarations du chef de l'État. La première a été faite le 24 octobre à Kinshasa devant les députés et les sénateurs : « Je n'aime pas cette constitution et vous le savez tous ». La seconde tenue le 30 octobre à Moscou devant la diaspora congolaise : « voilà pourquoi je suis en train de combattre cette constitution ».
Pour étayer sa position, le FRN s'appuie sur les textes signés à Doha. La Déclaration de principes du 19 juillet 2025 et l'Accord-cadre du 15 novembre 2025 font tous deux référence aux « principes fondamentaux de la Constitution de la RDC ». La lettre relève aussi que la Constitution est mentionnée dans les clauses sur le rétablissement de l'autorité de l'État, les réformes, la gouvernance participative et le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR). Le FRN en conclut que la Constitution en vigueur au moment de la signature est la « référence commune » des engagements pris.
Le Front reconnaît que ces textes n'interdisent pas expressément une évolution constitutionnelle. Il estime toutefois que remplacer la Loi fondamentale pendant les négociations « bouleversera » la mise en œuvre des accords, « érodera davantage la confiance » et risque d'entraîner « l'effondrement de l'ensemble du processus de paix ».
Le FRN adresse trois demandes au Qatar : obtenir de Kinshasa une « clarification officielle » sur les intentions du chef de l'État, appeler Kinshasa à préserver le cadre constitutionnel des accords, inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine consultation.
La plateforme dit rester attachée au règlement pacifique du conflit et aux engagements pris par l'AFC/M23 à Doha. Elle prévient cependant que si Kinshasa poursuit cette « démarche de rupture constitutionnelle », elle n'aura « aucun autre choix » que de « mobiliser tous les moyens nécessaires pour y faire échec ».