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Loi contre le tribalisme et la xénophobie : six ans de blocage à l'Assemblée nationale, dénonce Garry Sakata

Garry Sakata

Déposée le 16 septembre 2020, la proposition de loi du député national Garry Sakata contre le tribalisme et la xénophobie n'a toujours pas été examinée en plénière. L'élu l'a déploré mardi 3 novembre lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala. Il affirme ignorer les raisons de ce blocage, qui dure selon lui depuis « six ans et deux mois ».

Garry Sakata a d'abord tenu à corriger l'idée d'une initiative récente. « Ce n'est pas maintenant », a-t-il rappelé d'entrée. Il explique avoir déposé son texte dès 2020, constatant que la loi de 1966 sur la question était devenue obsolète. Il dit s'être appuyé sur son expérience de député et sur sa proximité avec la population. Depuis, selon lui, les actes de tribalisme et de xénophobie n'ont fait que s'aggraver, et les discours à caractère tribal sont désormais utilisés comme « un outil d'intolérance » et de division politique.

L'élu assure que son initiative a bénéficié de l'appui du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) et de la division des affaires politiques de la MONUSCO. Il précise que plusieurs tables rondes ont été organisées avec des membres de la société civile venus de toutes les provinces, notamment du Kivu. « Tous les acteurs ont été impliqués », a-t-il soutenu.

Inscrite au calendrier, jamais débattue

Le texte a pourtant traversé plusieurs législatures sans franchir l'étape du débat général. Le député a énuméré les présidents de l'Assemblée nationale qui se sont succédé depuis son dépôt : Jeanine Mabunda, Christophe Mboso, Vital Kamerhe et, aujourd'hui, Aimé Boji Sangara. Selon lui, la proposition de loi a été inscrite au calendrier de chaque session depuis 2020, mais « cela n'a jamais dépassé l'étape du calendrier ».

Le blocage persiste alors que, d'après Garry Sakata, le président de la République et le Conseil des ministres ont souligné à plusieurs reprises l'importance de la question, notamment par la voix de la Première ministre. En mars 2025, le président de l'Assemblée nationale avait lui-même recommandé une attention soutenue à cette initiative.

Interrogé sur l'origine du retard, technique, calendaire ou politique, et sur l'identité de ceux qui freinent le texte, le député est resté prudent. « C'est la question que je me pose autant que vous », a-t-il répondu. Il a seulement avancé que le Parlement avait « certainement des priorités plus importantes ».

Deux axes : tribalisme et xénophobie

Garry Sakata a résumé l'architecture de son texte en deux axes, le tribalisme d'une part et la xénophobie de l'autre. Chacun comprend des dispositions institutionnelles ainsi qu'un régime à la fois préventif et répressif.

Pour l'élu, cette réforme ne peut plus attendre. Il estime que la lutte contre le tribalisme et la xénophobie doit constituer « un élément essentiel » de la politique nationale, car elle permet de renforcer la cohésion et l'unité du pays.

 


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