Un dialogue de deux jours consacré à la gouvernance forestière et au dialogue entre journalistes, institutions publiques, société civile et secteur privé a débuté ce mardi 3 novembre 2026 à Kinshasa, à l'initiative du groupe Environews-RDC, avec l'appui du Pulitzer Center.
Cette rencontre vise à renforcer la transparence dans la gestion des ressources forestières du Bassin du Congo, à travers le partage d'expériences, les échanges entre les parties prenantes et l'élaboration d'une feuille de route commune pour une gouvernance plus responsable et inclusive.
Alfredo Prince Ntumba, président du groupe Environews-RDC, a rappelé l'importance stratégique du Bassin du Congo, qui abrite « le deuxième plus grand massif forestier tropical au monde ».
Cette forêt joue « un rôle crucial dans la régulation du climat global, la préservation de la biodiversité et la subsistance de plus de 60 millions de personnes », mais fait aujourd'hui face à « des pressions sans précédent », a-t-il souligné.
Face à ces défis, il a estimé qu'« aucune gouvernance forestière équitable, responsable et durable ne peut se faire à huis clos », insistant sur la nécessité de promouvoir la transparence, la redevabilité et un dialogue permanent entre les différents acteurs.
Pour Prince Alfred Ntumba, cet atelier doit notamment contribuer à réduire les cloisonnements entre les médias, les institutions et les organisations de la société civile. Il a également plaidé pour une meilleure appropriation du travail journalistique par les décideurs et les autres parties prenantes.
Les reportages et enquêtes des journalistes ne doivent pas être considérés comme de simples accusations, mais plutôt comme « des outils d'aide à la décision, des supports d'éducation citoyenne et des leviers de changement », a-t-il déclaré.
De son côté, Afi Malungu, représentante du Pulitzer Center, a insisté sur l'importance de la concertation entre les acteurs pour construire une gouvernance forestière responsable.
« Une gouvernance forestière responsable ne peut pas se construire dans un espace clos. Elle exige que des acteurs se parlent, que les connaissances circulent et que la participation des populations puisse être entendue », a-t-elle affirmé.
Elle a rappelé que les enjeux forestiers dépassent le seul cadre environnemental, puisqu'ils touchent également aux moyens de subsistance, aux droits des communautés, à l'utilisation des terres et aux choix de développement.
"L'objectif des deux journées de travaux n'est donc pas d'effacer les divergences entre les participants, mais de voir comment leurs différentes expériences peuvent contribuer à une meilleure compréhension des défis et ouvrir des perspectives de collaboration", a expliqué Afy Malangu.
La représentante du Pulitzer Center a également défendu le rôle de l'information dans l'amélioration de la gouvernance, estimant que l'accès à une information de qualité et son appropriation par les citoyens constituent des conditions essentielles à leur participation au débat public.
Ces travaux poursuivent également plusieurs objectifs, notamment l'analyse du rôle des médias dans la promotion de la transparence forestière, à travers la présentation d'enquêtes journalistiques et d'initiatives de sensibilisation sur les droits des communautés et les enjeux de gouvernance dans le Bassin du Congo.
Les participants sont également appelés à examiner la posture des institutions publiques face au débat public, particulièrement sur les conséquences des activités extractives, de l'exploitation forestière, des projets pétroliers et de l'accaparement des terres sur les écosystèmes et les populations locales.
L'un des principaux résultats attendus est l'élaboration d'un avant-projet de guide de collaboration entre ces différents acteurs. Ce document devrait servir de référence pour encourager des échanges ouverts et critiques sur la gouvernance forestière dans l'espace public.
À travers cette initiative, Environews-RDC et le Pulitzer Center entendent ainsi favoriser une meilleure articulation entre le travail journalistique, l'action des institutions et les initiatives de la société civile, dans un contexte où la gestion durable des forêts du Bassin du Congo constitue un enjeu majeur pour le climat, la biodiversité et les communautés qui en dépendent.