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26 ans de la Résolution 1325:  les femmes de Goma réclament une meilleure prise en compte de leur participation aux processus de paix

26ᵉ anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies

À l’occasion du 26ᵉ anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, plusieurs femmes issues d’associations féminines et du secteur humanitaire se sont réunies ce mardi 3 novembre à Goma, au Nord-Kivu, afin de mettre en lumière les initiatives menées par les organisations féminines dans les domaines de l’autonomisation économique, du leadership féminin et de la cohésion sociale.

Plusieurs organisations ont présenté leurs expériences et les résultats de leurs actions sur le terrain. Parmi elles figure la Fondation Femme Bâtisseuse des Nations, engagée dans la mise en œuvre de la Résolution 1325.

Les échanges ont été organisés autour de plusieurs panels portant notamment sur les fondements du leadership féminin, la guérison des traumatismes comme socle du pouvoir de transformation, ainsi que le rôle des médias dans la vulgarisation de la Résolution 1325. Des représentantes d’institutions telles qu’ONU Femmes et la MONUSCO, ainsi que des organisations locales, ont également pris part aux discussions.

Malgré les avancées enregistrées depuis l’adoption de cette résolution en 2000, les participantes ont relevé que la participation des femmes aux processus de paix demeure insuffisante. Sylvie Mazambi, coordonnatrice de l’organisation Woman Power DRC, a notamment appelé à un changement de mentalité au sein des institutions locales, soulignant le rôle des femmes dans la reconstruction sociale et communautaire.

Le forum a également permis d’identifier plusieurs obstacles à la mise en œuvre effective de la résolution, notamment le manque de financement des initiatives féminines, la faible représentation des femmes dans les instances politiques, les pesanteurs culturelles et l’insécurité persistante dans l’est de la RDC.

Pour les participantes, l’enjeu est désormais de traduire les engagements en actions concrètes sur le terrain, à travers le renforcement des capacités des femmes et la création d’un environnement favorable à leur leadership.

À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la mise en place d’un réseau provincial des jeunes femmes leaders, la création d’un fonds de soutien aux initiatives féminines et l’intégration systématique de la dimension genre dans les politiques publiques locales.

Adoptée en 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 constitue un cadre international destiné à renforcer la participation des femmes à la prévention et à la résolution des conflits, aux négociations de paix et aux instances de prise de décision. Elle prévoit également leur protection contre les violences, particulièrement les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

En République démocratique du Congo, sa mise en œuvre s’appuie notamment sur un Plan d’action national, dont la première génération a été lancée en 2010, ainsi que sur des structures nationales et provinciales chargées de coordonner les initiatives.

Dans l’est du pays, la persistance des conflits armés, le sous-financement des initiatives locales et la faible représentation des femmes dans certains espaces de décision continuent de freiner sa mise en œuvre. Les échanges organisés à Goma ont ainsi remis en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi et de coordination pour que les engagements de la Résolution 1325 se traduisent en actions concrètes au bénéfice des femmes et des communautés affectées par les conflits.

Josué Mutanava, à Goma