La Ligue des jeunes de l'UDPS salue les sanctions imposées par les États-Unis au ministère rwandais de la Défense et à une institution financière rwandaise, mais estime que le combat est loin d'être terminé. Interrogé dimanche par Actualite.cd, son vice-président national, Christian Lumu Lukusa, qualifie la mesure d'« avancée importante » et y voit « une victoire d'étape ».
Le 28 octobre, l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain a sanctionné le ministère rwandais de la Défense ainsi que la Zigama Credit and Savings Society, un établissement financier qui opère pour le compte des services de sécurité rwandais. Washington reproche au ministère d'avoir dirigé le déploiement de milliers de soldats des Forces de défense rwandaises (RDF) au Nord et au Sud-Kivu, où ils opèrent aux côtés du M23.
Les RDF étaient déjà sous sanctions américaines depuis le 2 mars 2026. Selon le Trésor, Zigama a financé des achats d'armes et de munitions pour l'armée rwandaise et facilité l'acheminement vers Kigali d'or extrait de zones contrôlées par le M23. L'établissement aurait aussi traité pour le compte du M23 et de l'AFC des transactions se chiffrant en dizaines de millions de dollars.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a présenté ces sanctions comme une manière de tenir le Rwanda responsable de ses engagements au titre des Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025 par les chefs d'État congolais et rwandais.
Pour Christian Lumu Lukusa, la « victoire définitive » passe d'abord par le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, déployées selon lui sous le « prétexte de mesures défensives ». Il exige aussi la fin du soutien aux groupes armés qui, dit-il, « continuent à terroriser les gens, à tuer, à violer nos mamans » et à piller les minerais de l'Est.
Le responsable de la jeunesse du parti présidentiel réclame également le respect des engagements pris à Washington et l'application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte exige la cessation des hostilités dans l'est de la RDC, la fin de l'administration parallèle instaurée par le M23 et le retrait des troupes étrangères de Goma et Bukavu, deux villes tombées aux mains des rebelles début 2025. « C'est ça, la victoire définitive que nous attendons », insiste-t-il.
Christian Lumu Lukusa attache une importance particulière au volet financier des sanctions. Selon lui, Zigama est le canal par lequel transite le « pillage systématique » des ressources minières congolaises. Ses propos rejoignent les conclusions du Trésor américain, qui relève que les minerais issus des zones contrôlées par le M23 alimentent les chaînes d'approvisionnement rwandaises. Le Trésor note que les volumes exportés par le Rwanda dépassent sa capacité de production nationale.
Ces sanctions interviennent quelques semaines après l'annonce, le 12 octobre, du Front pour la refondation de la Nation (FRN), présenté par Washington comme le successeur de l'AFC. Kigali a toujours rejeté les accusations de soutien au M23.