Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président national du parti politique Alliance pour le changement (A.Ch) et membre du Présidium de la coalition Article 64 (C64) a réagi à la dernière sortie médiatique du président de la République, Félix Tshisekedi devant la communauté congolaise vivant à Moscou en Russie, en marge de sa participation à la 3e édition du sommet Russie-Afrique.
Dans une déclaration adressée au chef de l’État ce dimanche 1er novembre 2026, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale exprime sa profonde déception à la suite des propos tenus par Félix Tshisekedi au sujet de son camarade de la coalition C64, Prince Epenge. Si, pour Félix Tshisekedi, l’interpellation de Prince Epenge a pour objectif de faire éclater la vérité sur la mort de l’un de ses proches, Manacé Lomboto, Jean-Marc Kabund met notamment en doute les informations dont dispose le président de la République concernant les événements à l’origine de cette affaire.
Pour Jean-Marc Kabund, le chef de l’État pourrait être victime d’une entreprise de désinformation orchestrée par certains de ses collaborateurs, qui chercheraient à lui faire croire qu’aucune personne n’a perdu la vie lors de la manifestation de l’opposition organisée le 15 septembre dernier, en marge de la rentrée parlementaire dans les deux chambres du Parlement
« Je crains que vous ne soyez victime d’une grave entreprise de désinformation orchestrée par certains de vos collaborateurs, qui semblent déterminés à vous convaincre qu’aucune personne n’a perdu la vie lors de la manifestation concernée. C’est précisément cette version des faits, manifestement éloignée de la réalité vécue sur le terrain, qui risque aujourd’hui de compromettre davantage l’exercice serein de la justice » a-t-il écrit sur son compte X
L’opposant estime également que les déclarations publiques du président de la République sur une affaire désormais entre les mains de la justice risquent d’influencer le travail des magistrats chargés d’instruire le dossier. Il rappelle à Félix Tshisekedi son devoir de garantir l’indépendance de la justice et estime qu’une certaine réserve aurait été nécessaire à ce stade de la procédure
« En vous exprimant publiquement sur une affaire qui relève désormais de l’appréciation des juges, vous prenez le risque de transformer vos déclarations en une véritable injonction politique adressée aux magistrats chargés d’instruire le dossier. Dans un État qui se réclame de la démocratie et de l’État de droit, le président de la République devrait être le premier garant de l’indépendance de la justice. À ce stade de la procédure, la réserve aurait donc été de mise », a fait remarquer Jean-Marc Kabund-a-Kabund.
Dans sa réaction, le président de l’Alliance pour le changement évoque également les accusations de dérive autoritaire, de répression violente et de rétrécissement de l’espace démocratique auxquelles le régime de Félix Tshisekedi est confronté, notamment dans la gestion des manifestations de l’opposition. Il met en garde contre les conséquences d’un système dans lequel les collaborateurs du chef de l’État ne lui transmettraient que des informations allant dans le sens de ses convictions.
« Je comprends le dilemme politique auquel vous êtes confronté : comment continuer à projeter l’image d’un démocrate tout en faisant face aux accusations persistantes de dérive autoritaire, de répression violente et de rétrécissement de l’espace démocratique, notamment à l’égard des manifestations de l’opposition ? Mais il existe un danger plus grand encore : celui d’un pouvoir qui finit par ne plus entendre que ce qui lui plaît"dit il dans sa réaction".
Et d'ajouter :
"Vos services de sécurité et certains de vos collaborateurs semblent avoir compris qu’il suffit de vous servir les informations qui confortent vos convictions pour gagner vos faveurs. À force de vouloir vous plaire, ils vous désinforment, vous isolent de la réalité et vous installent dans une dangereuse illusion. Or, aucune opération de communication ne peut effacer les faits, encore moins faire disparaître la vérité »
Poursuivant sa réaction, Jean-marc Kabund affirme avoir vu le déroulement du scène de l'attaque de Manasse Lomboto, proche et membre du parti politique ADD Congo de Prince Epenge, membre de la C64. Il se dit prêt à témoigner devant la justice pour l'éclatement de la justice
« Je voudrais enfin vous rappeler un fait dont je suis personnellement témoin : j’ai vu de mes propres yeux Manacé Lomboto participer à cette marche. Je l’ai aperçu quelques minutes seulement avant l’attaque à la machette dont nous avons été victimes devant le siège de l’UDPS, votre propre parti politique. Je suis disposé à apporter ce témoignage devant les instances judiciaires compétentes. La vérité ne devrait faire peur à personne, et encore moins à ceux qui prétendent gouverner au nom de l’État de droit » a-t-il fait savoir dans sa réaction.
Et de poursuivre :
« Monsieur le Président, même si vos déclarations faites depuis la Russie donnent le sentiment que le sort judiciaire de Prince Epenge est déjà décidé au sommet de l’État, je tiens à vous rappeler une exigence fondamentale : ce sont les faits et le droit qui doivent déterminer l’issue d’un procès, jamais les convictions ou les déclarations du pouvoir politique. »
Prince Epenge, président d'ADD Congo, cadre de la C64 et porte-parole de Lamuka avait été interpellé à l'aéroport international de N'djili le 25 octobre dernier, alors qu'il s'apprêtait à rejoindre Rome pour le conclave de la C64. Retenu par la DGM, cet opposant avait été détenu dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense avant son transfert au parquet, puis à la prison de Makala.
La demande de mise en liberté provisoire de Prince Epenge a été rejetée. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a, ce vendredi 30 novembre 2026, refusé d'accorder la liberté provisoire à l'opposant Prince Epenge, selon les informations communiquées par sa défense
La séance était consacrée à la poursuite de l'instruction préjuridictionnelle, après le début de l'audition de l'opposant, entamée jeudi. Il s'agissait du premier contact entre Prince Epenge et ses avocats, permettant ainsi à ses proches d'avoir de ses nouvelles
Clément MUAMBA