Trente-cinq acteurs de la société civile et des mouvements citoyens ont pris part à un atelier de renforcement des capacités consacré à la mobilisation, à l’affectation et au suivi des revenus infranationaux issus du secteur minier. Organisée par Afrewatch, avec l’appui du consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), cette rencontre a notamment débouché sur l’adoption d’une stratégie d’implication de la société civile dans le suivi de ces ressources financières.
Placée sous le thème de la problématique de la mobilisation et de l’affectation des recettes infranationales dans le secteur minier, cette activité a permis aux participants d’échanger sur les moyens de promouvoir la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion des finances publiques.
Parmi les interventions figurait celle de Florent Musha, autour du thème « Paiements infranationaux : transformer les recettes du secteur privé en développement provincial ». Cette présentation a mis en avant l’enjeu de la conversion des revenus générés par les activités économiques, notamment minières, en ressources susceptibles de contribuer au développement des provinces et à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.
La société civile appelée à surveiller la collecte et l’affectation des recettes
Intervenant sur la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion des finances publiques, Jean Keba, d’Afrewatch, a insisté sur la nécessité pour les organisations de la société civile de s’impliquer à toutes les étapes de la chaîne budgétaire, depuis la mobilisation des recettes jusqu’au contrôle de leur utilisation.
« Ces acteurs ont été sensibilisés sur le rôle qu’ils doivent jouer au niveau de la collecte des recettes, au niveau du processus de budgétisation et d’affectation », a-t-il expliqué.
Pour cet acteur d’Afrewatch, l’implication citoyenne doit notamment permettre de vérifier si les recettes inscrites dans les prévisions budgétaires correspondent au potentiel économique et aux activités observées sur le terrain.
« Voir comment ils peuvent s’impliquer au niveau de l’élaboration du budget pour vérifier si les recettes qui sont programmées reflètent la hauteur des activités qui sont constatées ou s’il n’y a pas de sous-évaluation », a-t-il précisé.
Au-delà de la mobilisation des recettes, Jean Keba a également souligné l’importance du contrôle de leur répartition entre les différents services et structures, en fonction des besoins des populations locales.
L’enjeu est de s’assurer que les ressources publiques collectées contribuent effectivement au financement des priorités provinciales et que leur affectation puisse faire l’objet d’un suivi citoyen.
Le processus budgétaire au cœur des échanges
Le député provincial du Haut-Katanga, Thomas Lupata Mudimbi, est également intervenu sur le processus d’élaboration du budget. Cette présentation a permis d’aborder les mécanismes budgétaires et les possibilités offertes aux organisations citoyennes pour participer au suivi des prévisions et des décisions relatives aux finances publiques.
Pour les participants, la maîtrise de ces mécanismes constitue un préalable à un contrôle citoyen plus structuré, notamment lorsqu’il s’agit de confronter les recettes annoncées aux réalités économiques et de suivre les dépenses prévues au bénéfice de la population.
Jean Keba a, pour sa part, exprimé l’espoir de voir les organisations non gouvernementales du Haut-Katanga renforcer leur engagement à l’ouverture de l’Assemblée provinciale.
« Nous espérons qu’avec l’ouverture de l’Assemblée provinciale, les ONG du Haut-Katanga vont s’impliquer pour vérifier le processus de budgétisation et participer activement à la mise en application de l’édit budgétaire et demander les comptes, s’il y a lieu, à ceux qui gèrent les ressources publiques », a-t-il déclaré.
Cette démarche vise à faire de la société civile un acteur du suivi des finances publiques, capable de questionner les prévisions budgétaires, de documenter les écarts éventuels et de demander des explications aux institutions et aux responsables chargés de la gestion des ressources publiques.
Une stratégie adoptée pour renforcer le suivi citoyen
Au terme des travaux, les participants ont adopté une stratégie d’implication de la société civile dans le suivi des revenus infranationaux. Cette démarche entend favoriser une participation plus active des organisations citoyennes à la mobilisation des recettes, à l’élaboration du budget provincial et au contrôle de l’affectation des ressources.
L’atelier a été donc organisé par Afrewatch, African Resources Watch, une organisation de la société civile engagée sur les questions de gouvernance des ressources naturelles, avec l’appui du consortium Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV).
José Mukendi