La République démocratique du Congo, par l’intermédiaire du VPM, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a pris part, à Lusaka, en Zambie, aux travaux de la 20ᵉ réunion des ministres de la Défense des pays membres du Groupe de contact et de coordination de la région des Grands Lacs. Organisée en étroite collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), cette rencontre a réuni les représentants de plusieurs pays de la région, qui ont examiné le projet de procédure opérationnelle standardisée relative au désarmement et à la réintégration des membres des groupes armés étrangers.
Ces assises, qui se sont tenues du 14 au 16 octobre 2026, ont été ouvertes en présence du secrétaire exécutif de la CIRGL, le Dr Mubita Luwabelwa, des chefs des forces de défense ainsi que des experts ayant participé aux travaux préparatoires, dont les conclusions ont constitué la base des délibérations. Elles visaient à renforcer la coordination entre les pays concernés face aux défis sécuritaires persistants dans la région. Ces procédures sont censées contribuer aux efforts déployés pour répondre à la menace que continuent de représenter les FDLR, les ADF, les RED-Tabara et d’autres groupes armés étrangers opérant dans la région.
Pour le VPM, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, également président en exercice du Comité des ministres de la Défense, ces échanges sont placés sous le signe de la responsabilité collective, du respect des engagements et de la recherche d’une paix durable. Présidant cette 20ᵉ réunion des ministres de la Défense de la CIRGL en sa qualité de président en exercice du Comité des ministres de la Défense, il a affirmé que ces assises étaient consacrées aux enjeux de paix, de sécurité, de développement et de stabilité dans la sous-région.
Face à la persistance des tensions sécuritaires, notamment dans l’est de la RDC, le patron de la défense nationale congolaise, Guy Kabombo Muadiamvita, a plaidé pour que les engagements politiques se traduisent enfin par des résultats concrets sur le terrain. Il a insisté sur le respect du cessez-le-feu, la fin de tout soutien aux groupes armés ainsi que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque État membre.
« Notre réunion intervient à un moment où notre région demeure confrontée à des défis sécuritaires et humanitaires qui mettent à l’épreuve notre capacité à agir collectivement. Les experts et les chefs des forces de défense ont examiné la situation sécuritaire dans nos États, les progrès accomplis dans l’opérationnalisation du MCVE+, ainsi que les conditions nécessaires à une meilleure coordination régionale. Pour poursuivre la mise en œuvre des recommandations, il nous appartient désormais, au niveau politique, de leur donner la portée et l’impulsion nécessaires. À cet égard, je voudrais rappeler haut et fort un principe simple : la sécurité d’un État ne peut durablement se construire au détriment de la souveraineté, de l’intégrité territoriale ou de la stabilité d’un autre État », a déclaré d’entrée de jeu le VPM, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita.
En sa qualité de président du Comité des ministres de la Défense, Guy Kabombo a également souligné la nécessité de renforcer les mécanismes régionaux de vérification, notamment le MCVE et le MCVE+, en leur garantissant un accès effectif aux zones concernées, une réelle liberté de mouvement ainsi que des moyens humains, logistiques et techniques adaptés. Il a appelé à une meilleure coordination régionale et à un suivi rigoureux des recommandations, assorti d’une feuille de route claire, de responsabilités définies et d’échéances précises.
« Notre Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, nos mécanismes régionaux et les engagements auxquels nous avons librement souscrit n’auront de sens que s’ils sont effectivement respectés. La situation dans la partie est de la République démocratique du Congo demeure, à ce titre, une préoccupation majeure pour toute notre région. Les affrontements persistent malgré les initiatives diplomatiques. Les populations civiles continuent d’en payer le prix et l’écart entre les engagements politiques de désescalade pris et leur traduction sur le terrain demeure criant », a déploré le ministre congolais de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita.
Pour ce membre du gouvernement congolais, Guy Kabombo Muadiamvita, cette réunion qui s’est tenue en Zambie devait être placée sous le signe de la responsabilité
« La responsabilité de respecter le cessez-le-feu, la responsabilité de respecter les engagements souscrits, la responsabilité de mettre fin à tout soutien aux groupes armés, la responsabilité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun de nos États et la responsabilité de donner à nos mécanismes régionaux les moyens d’agir avec indépendance, impartialité et surtout avec efficacité. Les MCVE et les MCVE+ doivent, à cet égard, bénéficier d’un accès effectif aux zones concernées, d’une réelle liberté de mouvement ainsi que des moyens humains, logistiques et techniques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Un mécanisme de vérification auquel certaines zones seraient durablement inaccessibles perdrait nécessairement une partie de sa crédibilité », a fait remarquer le VPM de la Défense de la RDC.
Alors que, sur le terrain, les hostilités se poursuivent entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, qui occupe de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, le mouvement a changé de dénomination pour devenir le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila Kabange. Dans ce contexte, Guy Kabombo a réaffirmé l’attachement de la RDC aux voies diplomatiques et exhorté les États membres à œuvrer à la mise en œuvre effective des engagements de Washington et de Doha, ainsi que des dispositions pertinentes de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
« La République démocratique du Congo réitère son attachement aux voies diplomatiques et aux différents processus de paix en cours. Elle souhaite que les engagements de Washington et de Doha, ainsi que les dispositions pertinentes de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, soient effectivement traduits dans les faits, nonobstant l’annonce de la création du Front pour la refondation de la Nation par l’ancien président de la République démocratique du Congo, M. Joseph Kabila. La CIRGL devrait démontrer à la face du monde qu’elle est capable de gérer des crises et d’en assurer le suivi jusqu’à leur résolution », a affirmé Guy Kabombo au nom du gouvernement de la RDC.
Et de poursuivre :
« C’est pourquoi je souhaiterais que nos recommandations soient accompagnées d’une feuille de route claire, avec des responsabilités identifiées, des échéances précises et un mécanisme de suivi permettant d’éviter que, réunion après réunion, nous soyons contraints de revenir sur les mêmes engagements sans améliorer leur exécution ».
Cette nouvelle réunion consacrée aux groupes armés est intervenue dans un contexte de tensions persistantes entre plusieurs États de la région des Grands Lacs, qui continuent de s’accuser mutuellement de soutenir des groupes armés à des fins de déstabilisation. La RDC, le Rwanda et le Burundi figurent notamment parmi les pays concernés par ces accusations. Les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, continuent de mener des attaques meurtrières contre les populations civiles dans l’est de la RDC.
Ces assises se sont également tenues dans un contexte marqué par l’annonce, par Kinshasa, de la signature d’un protocole d’accord relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon les autorités congolaises, cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements pris dans le cadre des accords de Washington. Cette initiative est toutefois contestée par Kigali, qui y voit une tentative de contourner les engagements prévus par ces accords.
Clément MUAMBA