Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo Kanga Londimo Mateus sollicite auprès du vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo un moratoire sur l’application de la mesure interdisant la navigation des baleinières en bois à partir du 15 novembre 2026. Dans sa correspondance adressée à ce membre du gouvernement central, dont une copie est parvenue à la rédaction de ACTUALITE.CD, ce jeudi 15 octobre 2026, il propose une période transitoire d’au moins douze mois afin de permettre aux opérateurs de s’adapter, tout en maintenant l’interdiction du transport de personnes à bord de ces embarcations.
Dans le même document, le speaker de l’organe délibérant de la province de la Tshopo attire l’attention du ministre de tutelle, Jean-Pierre Bemba Gombo, sur les difficultés auxquelles les populations pourraient être confrontées en l’absence de solutions alternatives adaptées aux réalités locales. Selon lui, l’application de cette mesure sans solutions alternatives risque d’entraîner des difficultés d’approvisionnement, des pénuries alimentaires ainsi qu’une hausse des prix des produits de première nécessité
Pour justifier sa démarche, Kanga Londimo Mateus souligne la place stratégique du transport fluvial dans l’économie de la Tshopo. Cette province, explique-t-il, dépend largement de cette voie de communication pour assurer l’approvisionnement de Kisangani en produits agropastoraux et desservir plusieurs territoires en denrées alimentaires et autres biens essentiels. Dans ce contexte, l’application immédiate de la mesure visant les baleinières en bois pourrait, selon lui, affecter les activités commerciales et les conditions de vie des habitants
« Je tiens à saluer les efforts du Gouvernement de la République, à travers votre ministère, pour renforcer la sécurité du transport fluvial et prévenir les naufrages ainsi que les pertes en vies humaines. Toutefois, il convient de relever que la Tshopo, étant une province enclavée, dépend largement du transport fluvial, qui joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement de la ville de Kisangani en produits agropastoraux et dans la desserte de nos territoires d’Isangi, d’Opala, de Basoko, de Yahuma et d’Ubundu en denrées alimentaires et autres produits de première nécessité. Une application immédiate de cette mesure risquerait donc d’avoir de lourdes conséquences sur les activités commerciales et les conditions de vie de nos concitoyens », a écrit Kanga Londimo Mateus, président de l’Assemblée provinciale.
Toutefois, il estime que la mise en œuvre de cette mesure devrait tenir compte des réalités économiques et géographiques de la province. À cet effet, il sollicite le report de son application jusqu’à la mise en place de solutions alternatives adaptées. À défaut d’un report, il propose l’octroi d’une période transitoire d’au moins douze mois, durant laquelle les baleinières en bois pourraient continuer à transporter des marchandises, sous réserve du respect strict des exigences techniques et des mesures de sécurité applicables.
« Je sollicite de votre haute autorité le différé de l’application de cette mesure jusqu’à la mise en place de solutions alternatives adaptées aux réalités de nos voies navigables. À défaut, je propose qu’une période transitoire d’au moins douze mois soit accordée pour permettre aux baleinières en bois de poursuivre le transport des marchandises, sous réserve du respect strict des exigences techniques et des mesures de sécurité applicables. Durant cette période, le transport des personnes à bord de ces embarcations devrait demeurer strictement interdit afin de prévenir les pertes en vies humaines », a plaidé le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.
Cette mesure permettrait, selon cet élu de la Tshopo, de concilier les impératifs d’approvisionnement de la province avec les exigences de sécurité de la navigation fluviale. Le délai de douze mois donnerait également aux opérateurs économiques le temps nécessaire pour prendre des dispositions en vue de remplacer progressivement les embarcations concernées par des moyens de transport plus sûrs.
« Ce délai permettrait aux opérateurs du secteur de prendre les dispositions nécessaires pour remplacer progressivement ces embarcations par des moyens de transport plus sûrs, sans perturber l’approvisionnement de la province », a soutenu le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo.
Cette démarche du président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo fait suite à l’annonce de la décision du vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo d’interdire, à partir du 15 novembre prochain, la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents ainsi que sur plusieurs cours d’eau de la République démocratique du Congo. Cette décision intervient alors que les naufrages continuent d’endeuiller des familles, notamment dans les provinces de l’Équateur, du Sud-Kivu, du Tanganyika, de Maï-Ndombe, du Kwilu, du Kasaï et de la Lomami.
Dans un communiqué de son ministère, Jean-Pierre Bemba Gombo justifie cette mesure par la violation persistante des dispositions prises quelques mois plus tôt pour prévenir les accidents sur les voies navigables.
Clément MUAMBA