Le gouverneur du Maï-Ndombe, Nkoso Kevani Lebon, sollicite un moratoire sur l’interdiction de la navigation des embarcations en bois, prévue pour entrer en vigueur le 15 novembre prochain sur le fleuve Congo, ses affluents, les autres cours d’eau et les lacs. Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre, ministre des Transports, il alerte sur les conséquences socio-économiques que pourrait entraîner l’application de cette mesure dans sa province.
Selon l’autorité provinciale, ces embarcations constituent le principal moyen de transport des personnes et d’évacuation des produits de la pêche et de l’agriculture, dont dépend une grande partie de la population. Il redoute notamment la malnutrition, la hausse des prix, la pénurie des denrées alimentaires ainsi que la rareté des produits manufacturés et pharmaceutiques.
Le gouverneur évoque également le risque de blocage de la circulation des personnes et de leurs biens, de ralentissement dans l’exécution des missions de service par les agents de l’État, de réduction des revenus des ménages et de diminution des recettes.
Nkoso Kevani rappelle que les embarcations sécurisées promises par le gouvernement sont toujours en cours de mise en œuvre.
De son côté, le président de la société civile de Kutu, Fidèle Lizorongo, plaide également pour la levée de cette mesure, afin de préserver les moyens de subsistance de la population. Il estime que l’interdiction, sans mise à disposition préalable d’embarcations sécurisées, risque de perturber considérablement les activités économiques et les déplacements dans cette partie du pays.
« Le VPM devait d’abord réfléchir aux conséquences sur la vie de la population, tant dans les villes qu’à la périphérie, en ce qui concerne le ravitaillement et l’évacuation des produits alimentaires, vivriers et manufacturés. Il pourrait aussi accorder aux armateurs un délai raisonnable pour construire des navires métalliques afin de sécuriser la navigation fluviale », a déclaré Fidèle Lizorongo, président de la société civile de Kutu.
Le Maï-Ndombe fait partie des provinces disposant d’importantes ressources hydriques. Ses nombreuses rivières et son lac constituent les principales voies d’évacuation des produits et de déplacement de la population. Les baleinières en bois sont les seules embarcations à assurer la navigation en l’absence de bateaux.
Jonathan Mesa