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Masisi : violences, pillages et déplacements, la société civile appelle à une action urgente

Masisi

La Coordination territoriale de la société civile forces vives de Masisi se dit profondément consternée par la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans plusieurs zones du territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 28 septembre à la suite des récents affrontements, cette structure dénonce notamment les pertes en vies humaines, les blessures parmi les civils, les déplacements forcés ainsi que les pillages des biens de la population.

La société civile rapporte plusieurs incidents survenus ces derniers jours dans différentes entités de Masisi, dans un contexte marqué par la persistance des combats entre les rebelles de l’AFC/M23 et les forces armées congolaises appuyées par les Wazalendo, ainsi que par des affrontements entre factions rivales.

Selon cette structure citoyenne, les affrontements documentés le samedi 26 et dimanche 27 septembre 2026 ont provoqué d’importants dégâts humains et matériels dans plusieurs zones, notamment dans les groupements de Nyamaboko 1 et 2 ainsi que d’Ufamandu 1 et 2.

La Coordination de la société civile évoque notamment la situation sur la colline Kikonda, aux alentours de Nyabiondo, où un bilan provisoire fait état d’une femme et d’un enfant tués. Elle signale également des victimes civiles sur l’axe Remeka-Katuunda, dans la chefferie des Bahunde, où plusieurs civils ont été touchés par balles.

À Kautu, deux femmes, dont une enceinte, ont également été blessées par balles. La société civile condamne ces violences et demande que les responsabilités soient établies afin que les auteurs des crimes et autres exactions puissent répondre de leurs actes conformément à la loi.

Des nouveaux affrontements ont par ailleurs été signalés lundi 28 septembre sur l’axe Kaleta-Bitoyi, dans le groupement Ufamandu 2. Ces violences interviennent alors que plusieurs localités de cette partie du territoire restent exposées aux mouvements des groupes armés et aux opérations militaires.

Au-delà des pertes en vies humaines, la Coordination territoriale de la société civile dénonce les pillages systématiques des biens appartenant à la population civile. Elle estime que les habitants sont devenus les principales victimes des conséquences de la crise sécuritaire qui affecte cette partie du Nord-Kivu.

Les représentants de la société civile font également état de déplacements massifs et forcés des populations civiles, notamment dans les entités affectées par les combats. Des milliers de familles se retrouvent ainsi contraintes d'abandonner leurs habitations à la recherche de zones jugées plus sûres.

À cette situation s’ajoute, selon la société civile, une précarité humanitaire qui continue de s’aggraver dans plusieurs zones. Les besoins des populations déplacées et des communautés d’accueil restent importants, notamment en matière de nourriture, d’abris, de soins de santé et de protection.

La société civile déplore également la non-effectivité des activités scolaires depuis la rentrée de l’année scolaire 2026-2027 dans plusieurs entités touchées par l’insécurité.

Les affrontements et les déplacements de population ont fortement perturbé le fonctionnement de plusieurs établissements scolaires, privant des nombreux enfants de leur droit à l’éducation. Pour la société civile, cette situation constitue une conséquence supplémentaire de la crise sécuritaire qui frappe les communautés locales.

Face à cette situation, la Coordination territoriale de la société civile forces vives de Masisi exige l’ouverture urgente d’enquêtes afin d’établir les circonstances exactes des différents incidents rapportés et d’identifier les responsables des violences commises contre les populations civiles.

Elle demande que les auteurs présumés des exactions, des pillages et des atteintes aux civils soient identifiés et qu’ils répondent de leurs actes conformément aux dispositions du droit national et du droit international humanitaire.

La société civile appelle également au renforcement de la protection des populations civiles et de leurs biens dans les zones affectées par les combats. Elle estime que les civils ne doivent pas continuer à payer le lourd tribut de la crise sécuritaire qui perdure dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La Coordination territoriale de la société civile de Masisi interpelle particulièrement les Nations unies et les autres acteurs impliqués dans la recherche d’une solution à la crise dans l’Est de la RDC.

Elle appelle à l’accélération des mécanismes nationaux et internationaux visant à mettre fin aux violences et à restaurer la sécurité dans les zones affectées.

Elle sollicite par ailleurs une assistance humanitaire « holistique » en faveur des populations affectées par les affrontements et plaide pour une protection renforcée des civils et des biens civils pendant les conflits armés.

Pour la société civile de Masisi, la persistance des violences transforme progressivement la vie des populations locales en véritable calvaire, alors que les conséquences humanitaires, sociales et économiques continuent de s'accumuler.

Elle rappelle enfin que la protection des civils constitue une obligation au regard du droit international humanitaire et estime que des mesures concrètes doivent être prises pour mettre fin aux exactions et éviter une aggravation de la crise dans cette partie du Nord-Kivu.