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Est de la RDC : malgré les premières missions de vérification, le Burundi alerte à l’ONU sur la fragilité du cessez-le-feu et appelle au respect des engagements

Les rebelles du M23 à Kibumba

Les premières missions de vérification du cessez-le-feu menées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus, à Minembwe dans la province du Sud-Kivu, et à Masisi, dans la province du Nord-Kivu, dans le cadre du processus de Doha, n’ont pas laissé indifférents les pays de la région des Grands Lacs. C’est notamment le cas du Burundi, qui a salué ces premières missions tout en appelant les parties à respecter leurs engagements et à permettre la poursuite des opérations de vérification sur le terrain.

Au nom du gouvernement burundais, l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga, a, lors de son intervention mardi 29 septembre 2026 au Conseil de sécurité des Nations unies à New York, aux États-Unis d’Amérique, estimé que les missions conduites notamment à Minembwe et à Masisi, avec l’appui de la MONUSCO, constituaient une avancée encourageante, tout en soulignant la fragilité de la situation sécuritaire au regard de la poursuite des hostilités dans l’est de la RDC.

Face à la poursuite des affrontements, Bujumbura appelle les différentes parties à respecter leurs engagements et à coopérer pleinement avec les mécanismes chargés de vérifier le respect du cessez-le-feu.

« Le Burundi salue les premières missions de vérification du cessez-le-feu menées dans le cadre du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus, à Minembwe et à Masisi, avec l’appui de la MONUSCO. Elles constituent une étape encourageante. Toutefois, la poursuite des combats montre que ces premiers progrès demeurent fragiles. Nous appelons les parties à respecter leurs engagements, à coopérer pleinement avec les mécanismes de vérification et à permettre le déploiement d’autres missions sur le terrain », a déclaré le diplomate burundais lors de son intervention.

L’ambassadeur burundais a également attiré l’attention du Conseil de sécurité sur les développements liés au désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon lui, les démarches engagées dans ce cadre doivent se poursuivre et aboutir à des mesures pouvant être vérifiées sur le terrain. Zéphyrin Maniratanga a également évoqué le protocole d’accord sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR présenté par la RDC dans le cadre du processus de Washington, tout en relevant les divergences persistantes entre les parties concernant sa mise en œuvre.

« Nous voudrions également attirer l’attention du Conseil sur les développements relatifs au désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR. Le rapport indique qu’une faction a signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Il relève aussi que la RDC a présenté un plan de désarmement, de démobilisation et de réintégration dans le cadre du processus de Washington, tout en constatant que des divergences subsistent entre les parties sur sa mise en œuvre. Ces démarches doivent être poursuivies de bonne foi et déboucher sur des mesures vérifiables », a fait savoir l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga.

Dans ce contexte, le Burundi appelle à la cessation de tout soutien aux groupes armés et à la mise en œuvre des engagements destinés à répondre aux préoccupations sécuritaires dans la région.

« Nous appelons à la cessation de tout soutien aux groupes armés et à la mise en œuvre des engagements pris pour répondre aux préoccupations de sécurité dans la région, dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC », a ajouté l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga.

Dans son exposé, le représentant permanent du Burundi a également souligné le rôle de la MONUSCO dans les efforts de désarmement, de démobilisation et de réintégration. Il a notamment relevé la contribution de la mission onusienne au traitement et au rapatriement d’anciens combattants des FDLR.

« La MONUSCO a un rôle concret à jouer dans cet effort. Le rapport souligne sa contribution au processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, notamment au traitement et au rapatriement des ex-combattants des FDLR. Il fait état du rapatriement au Rwanda, le 8 septembre, de 120 ex-combattants étrangers, dont des membres des FDLR, et de personnes à leur charge. Ces capacités doivent être préservées et prises en compte dans les discussions sur le renouvellement du mandat de la mission », a recommandé le diplomate burundais Zéphyrin Maniratanga.

La situation humanitaire et la protection des populations civiles ont également occupé une place importante dans l’intervention du Burundi au Conseil de sécurité. Le diplomate burundais a fait état de nouvelles pertes civiles, de déplacements forcés et de violations des droits humains dans l’est de la RDC, tout en soulignant les difficultés d’accès rencontrées par la MONUSCO et les acteurs humanitaires.

« La protection des civils doit rester au centre de notre action. Le rapport documente de nouvelles pertes civiles, des déplacements forcés et de graves violations des droits humains dans l’est de la RDC. Il souligne aussi les difficultés d’accès rencontrées par la MONUSCO et les acteurs humanitaires. Nous demandons à toutes les parties de protéger les civils, de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave et de respecter la liberté de mouvement de la mission » a déclaré l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga.

Le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) se poursuit dans un contexte marqué par la persistance des violences armées et les efforts diplomatiques visant à consolider le cessez-le-feu. Dans ce cadre, le Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus mène des missions sur le terrain afin de constater et de documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu.

Deux premières missions ont déjà été menées, notamment dans les zones de Minembwe, au Sud-Kivu, et de Masisi, au Nord-Kivu, avec l’appui de la MONUSCO. Toutefois, les rapports faisant état des éventuelles violations du cessez-le-feu ainsi que des acteurs concernés n’ont pas encore été rendus publics, malgré le satisfecit exprimé par la CIRGL à l’issue de ces missions menées dans le cadre du processus de Doha.

Clément MUAMBA