Après sa dernière visite éclair au lendemain de l’offensive de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, offensive qui avait conduit à l’occupation de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, effectue vendredi 2 et samedi 3 octobre 2026, une nouvelle visite en République démocratique du Congo (RDC). Le chef de la diplomatie française doit notamment se rendre à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, où sévit actuellement la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola que connaît la RDC.
Au cours de la conférence de presse du Quai d’Orsay tenue jeudi 1er octobre à Paris, au cours de laquelle cette visite a été annoncée, Pascal Confavreux a indiqué que ce déplacement s’inscrivait dans la volonté de renforcer les relations entre la France et la RDC, dans la continuité de plusieurs déplacements français récents sur le continent africain. À en croire le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, le déplacement de Jean-Noël Barrot revêt une dimension à la fois diplomatique, humanitaire et sanitaire.
« Je vais commencer par quelques éléments concernant l’actualité des jours à venir du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui sera demain et après-demain en République démocratique du Congo. Il se déplace pour renforcer les liens de la relation bilatérale et de l’agenda du renouveau, dans le cadre de plusieurs récents déplacements en Afrique : je pense au Togo, à la République centrafricaine et, bien sûr, au sommet Africa Forward au Kenya. Mais il se rendra également à Bunia, en Ituri, dans l’Est du pays, pour être précis, où sévit au plus fort l’épidémie d’Ebola. Il sera le premier ministre européen à se rendre sur place depuis le début de l’épidémie » a déclaré d’entrée de jeu le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux
Le voyage du chef de la diplomatie française intervient également à quelques jours de la septième Conférence nationale humanitaire, prévue le 6 octobre à Paris et que le ministre doit ouvrir. D’après Pascal Confavreux, cette rencontre, organisée par le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères avec des ONG humanitaires françaises, doit réunir plus de 300 acteurs issus notamment du monde humanitaire, des institutions, de la recherche, du secteur privé et de la société civile.
« Il le fera à quelques jours de la septième Conférence nationale humanitaire, prévue à Paris le 6 octobre prochain. Il s’agit de la principale enceinte de réflexion et de dialogue réunissant les acteurs du monde humanitaire, les ONG, les bailleurs, les entreprises, les fondations, sous l’égide du gouvernement. L’occasion pour le ministre de promouvoir une approche intégrée visant à répondre aux besoins immédiats tout en renforçant la résilience des populations et protéger la population française de tout risque d’une extension de l’épidémie d’Ebola » a souligné Pascal Confavreux
Au cours de la même conférence de presse, Pascal Confavreux est revenu sur les raisons de ce déplacement. Le porte-parole français a souligné la nécessité de soutenir les autorités locales, les Nations unies et les organisations humanitaires mobilisées sur le terrain.
Paris entend également renforcer son soutien à la recherche et aux équipes engagées en première ligne dans la lutte contre Ebola. D’après le porte-parole, l’aide française doit notamment contribuer aux efforts de recherche sur de nouveaux vaccins ainsi qu’au soutien des organisations humanitaires et des agences des Nations unies intervenant auprès des populations affectées.
« Ce déplacement, qui revêt une triple dimension : diplomatique, humanitaire et sanitaire, marque une nouvelle étape dans notre mobilisation pour soutenir les autorités locales, les Nations unies et l’ensemble des acteurs humanitaires engagés dans cette grave crise. Ça sera l’occasion de donner voix à l’engagement de la France dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola et de renforcer notre soutien. Notre soutien vise à accélérer les efforts de recherche pour trouver de nouveaux vaccins et cherche aussi à soutenir et à équiper ceux qui travaillent en première ligne de la réponse à l’épidémie, des ONG comme les agences onusiennes » a affirmé Pascal Confavreux
Poursuivant son intervention, Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a affirmé que le déplacement du chef de la diplomatie française, en pleine crise sanitaire liée à Ebola et dans un contexte de crise sécuritaire, permettait également d’illustrer une conviction française : la prévention des épidémies et des pandémies ne se limite pas aux frontières nationales.
« La prévention des épidémies et des pandémies se joue parfois très loin de nos frontières, dans les régions où les hôpitaux et cliniques mobiles prennent en charge les premiers patients. » a fait remarquer Pascal Confavreux
Le porte-parole du Quai d’Orsay a également insisté sur la gravité de la situation sanitaire en RDC, ainsi que sur les difficultés auxquelles sont confrontées les équipes médicales et humanitaires.
« Pour rappel, l’épidémie d’Ebola en cours en RDC est la plus meurtrière des 17 épidémies qu’a connues le pays à ce jour, avec près de 3 900 décès sur 8 000 cas et un taux de mortalité de près de 50 %. Cette épidémie touche la RDC dans un contexte évidemment déjà très difficile au niveau sécuritaire, avec la poursuite des combats dans plusieurs provinces de l’Est, le déplacement des populations qui en résulte, le manque de personnels de santé, l’existence parallèle d’autres épidémies comme le choléra et le Mpox, qui compliquent la surveillance et la prise en charge des malades » a fait savoir Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d’Orsay, au cours de ce face-à-face avec la presse
La partie orientale de la République démocratique du Congo fait face à une crise sécuritaire marquée par les affrontements impliquant notamment l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda. La rébellion contrôle de vastes zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu tandis que plusieurs initiatives diplomatiques sont engagées pour tenter de parvenir à une issue politique au conflit. À cette situation sécuritaire s’ajoute la crise sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola, qui intervient dans un environnement déjà fragilisé par les déplacements de populations.
Clément MUAMBA