CES : Jean-Pierre Kiwakana présente le dialogue national comme un cadre de restauration de la confiance et une opportunité de s’attaquer aux causes profondes des fragilités du pays.
Le président du Conseil économique et social (CES), Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a ouvert, ce jeudi 1er octobre, la session ordinaire de cette institution, en mettant un accent particulier sur la situation sécuritaire et politique du pays, dans un contexte marqué par les attentes autour du dialogue pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État, annoncé par Félix Tshisekedi.
Dans son discours d’ouverture, Jean-Pierre Kiwakana a exprimé son soutien à cette initiative du président de la République, qu’il juge opportune au regard de la situation actuelle du pays, qui a davantage besoin de cohésion que de confrontation armée, et de responsabilité plutôt que de surenchère.
Pour le président du CES, l’appel au dialogue constitue certes une initiative supplémentaire, mais loin d’être une initiative de trop, dans un pays confronté à des tensions politiques et sécuritaires. Il estime que le refus d’y prendre part ne contribuerait pas à résoudre la crise, mais risquerait plutôt d’accentuer les divisions.
« Nous le disons clairement : c’est une initiative de plus, mais pas une initiative de trop. Lorsqu’une nation est traversée par des tensions, aucune occasion de se parler ne doit être méprisée. Le refus du dialogue ne résout rien ; il ne fait souvent que repousser les problèmes et aggraver les fractures », a-t-il déclaré.
Alors que des critiques se font entendre autour des contours du processus annoncé, Jean-Pierre Kiwakana a défendu la portée de ces assises, qu’il présente comme une occasion de restaurer la confiance entre les acteurs, de consolider la cohésion nationale et de créer les conditions d’un avenir commun.
« En tant qu’organe consultatif, le Conseil économique et social apporte son soutien total et sa pleine adhésion à cette vision. Ce dialogue offre une opportunité sans précédent de s’attaquer aux causes profondes de nos fragilités économiques, judiciaires et sociales qui alimentent la mauvaise gouvernance », a-t-il affirmé.
Et d’ajouter :
« En allant recueillir les aspirations directement au sein de nos 26 provinces, ce dialogue donnera une voix légitime aux forces vives de la nation. C’est en écoutant les réalités de nos territoires que nous pourrons concevoir des réformes de fond qui touchent le quotidien de chaque Congolais ».
Au-delà de la situation politique et sécuritaire, le président du CES a également abordé les difficultés liées à la mise en œuvre du système Licence-Master-Doctorat (LMD). Il a plaidé pour une meilleure organisation du secteur de l’enseignement supérieur, ainsi qu’une répartition plus efficace du personnel académique et scientifique.
Il a, par ailleurs, évoqué la création d’un Fonds national compétitif pour la recherche, destiné à renforcer le financement des chercheurs et à favoriser l’émergence d’initiatives scientifiques susceptibles d’accompagner les ambitions de développement de la RDC.
Enfin, Jean-Pierre Kiwakana a présenté les principales orientations des travaux de cette session ordinaire. Les réflexions porteront notamment sur l’agriculture, l’emploi, l’éducation, la santé, l’énergie, les transports, la fiscalité, l’environnement et la diversification de l’économie.
Il a insisté sur la nécessité de placer les conditions de vie de la population et le développement durable au cœur des réflexions du Conseil économique et social.
Samyr LUKOMBO