Des prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola ont déclenché une grève depuis ce lundi 21 septembre à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Le mouvement concerne notamment les équipes de communication et d’engagement communautaire, les équipes psychosociales, ainsi que les relais communautaires.
Les grévistes dénoncent le non-paiement de leurs primes depuis plusieurs mois. Ils réclament notamment le règlement de trois à quatre mois de primes qu’ils affirment n’avoir toujours pas perçues.
Pour faire entendre leur mécontentement, les prestataires se sont rassemblés devant le bureau de la zone de santé de Beni, où des affiches et des barricades ont été placées à l’entrée. Un feu a également été allumé devant le bureau de la coordination zonale de la riposte, perturbant l’accès aux installations.
Les grévistes affirment avoir entrepris plusieurs démarches sans succès auprès de l’équipe de coordination afin de trouver une solution à cette situation.
« Nous manifestons notre mécontentement contre les autorités de la riposte qui nous font travailler, actuellement ça fait quatre mois sans être payé pourtant le gouvernement à travers le ministère de la Santé dit avoir déjà décaissé tous les moyens pour combattre Ebola au nord Kivu », a indiqué Nick Junior Vusindi, agent de la commission de communication dans la riposte à Beni.
Des éléments de la police sont intervenus sur place pour éteindre le feu allumé devant le bureau de la coordination. Malgré cette intervention, les prestataires concernés maintiennent leur mouvement de grève et cessent de travailler. Ils attendent désormais une réponse des responsables de la riposte sur leur situation salariale.
Cette situation intervient alors que, lors de son passage à Bunia, en Ituri, en juillet dernier, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait affirmé que les retards de paiement n’étaient pas dus à un manque de fonds. Il avait également dénoncé des dérives liées à un « Ebola Business » et des manipulations sur les listes, tout en annonçant une harmonisation des primes pour les médecins, les infirmiers et les relais communautaires afin d’éliminer les disparités de rémunération.
Pour faire face à cette situation, le ministère avait précisé qu’une rallonge budgétaire était prévue dans le cadre de la loi de finances rectificative, alors inscrite dans le processus législatif.
Josué Mutanava, à Goma