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Dialogue national: à la CENCO, Marie-Ange Mushobekwa plaide pour un processus inclusif, sous médiation neutre et en dehors du pays

Dialogue national au coeur de la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix de la CENCO

Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et cadre du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, a pris une part active, mercredi 16 septembre à Kinshasa, aux travaux de la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix, organisée par la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), avec comme thème: « Investir pour une paix inclusive afin de bâtir une RDC plus juste, où règnent la compassion, l’égalité et la dignité pour tous et toutes ». Cette journée a notamment servi de cadre à des échanges sur les enjeux, les perspectives et les conditions d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo.

Intervenant au nom de sa famille politique, Mme Mushobekwa, également ancienne députée a présenté sa conception d’un dialogue qui devrait, selon elle, réunir l’ensemble des parties prenantes à la crise congolaise.

« J’ai apporté ma contribution dans le processus du dialogue inclusif qui devrait réunir toutes les parties, y compris celles qui fâchent. J’ai également souligné que les autorités de notre pays devraient respecter leur engagement, celui de veiller à la décrispation du climat politique en libérant tous les opposants qui sont détenus injustement », a-t-elle indiqué. 

Alors que le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi doit être piloté par les institutions de la République, la proche de Joseph Kabila défend l’idée d’un processus conduit par une médiation qu’elle souhaite neutre. Pour étayer sa proposition, elle cite la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC), auxquelles elle souhaite voir jouer un rôle dans la conduite de ces assises qui devraient, selon elle, se tenir en dehors du pays.

« Nous avons parlé de notre souhait d’avoir une médiation neutre conduite par la CENCO et l’ECC, avec l’accompagnement de l’Union africaine et de l’ONU pour ce dialogue. Nous souhaiterions également que ce dialogue se tienne dans un pays tiers afin d’assurer la sécurité de tous les participants », a affirmé Marie-Ange Mushobekwa.

Réagissant à sa participation à cette activité aux côtés d’acteurs politiques issus de sensibilités différentes, Marie-Ange Mushobekwa n’y voit pas d’inconvénient. Elle estime que les divergences politiques n’empêchent pas le dialogue et que les échanges peuvent se dérouler dans un esprit républicain.

« Tout le monde a un esprit positif. Nous avons voulu échanger de manière républicaine. Nous ne partageons pas tous les points de vue du ministre de la Communication, mais dans une République, tout le monde ne peut pas penser de la même manière. Je respecte ses points de vue, il respecte mes opinions politiques et c’est le plus important ».

Cette position de la cadre du FCC de Joseph Kabila intervient alors que le pouvoir de Félix Tshisekedi met l’accent sur la dimension sécuritaire de la crise en RDC et sur le rôle du Rwanda dans le soutien à l’AFC/M23. Kinshasa s’appuie notamment sur les cadres de Washington, pour les discussions avec Kigali, et de Doha, pour les pourparlers avec l’AFC/M23. 

En parallèle, le gouvernement défend l’idée d’un dialogue national destiné à renforcer la cohésion interne et à favoriser une réponse nationale à la crise. Une partie de l’opposition réclame toutefois un processus plus inclusif, associant notamment les différents acteurs impliqués dans la crise congolaise.

Clément MUAMBA 


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