Le dialogue intergénérationnel sur le vivre-ensemble s’est tenu ce mercredi 16 septembre à la salle Town Hall des Nations unies, à Kinshasa, autour du thème : « Bâtir ensemble une culture de paix, de tolérance et de cohésion nationale ».
Cette rencontre, organisée par la structure dialogue intergénérationnel en collaboration avec l’ambassade de la jeunesse et la Monusco, a réuni plusieurs jeunes, personnalités publiques et politiques ainsi que des représentants des confessions religieuses, autour des questions liées à la paix, à la tolérance, au vivre-ensemble et à la cohésion nationale.
Dans son mot d’ouverture, Smith Etumba, coordonnateur du dialogue intergénérationnel, a insisté sur la nécessité de renforcer les échanges entre les générations, particulièrement dans un contexte marqué par des divergences politiques et sociales.
« Notre pays n’a pas seulement besoin de ses différentes générations, il a aussi besoin qu’elles se parlent, s’écoutent et construisent ensemble », a-t-il déclaré, estimant que les divergences ne constituent pas une menace en elles-mêmes, mais peuvent devenir des fractures lorsqu’elles ne sont plus gérées par le dialogue.
Pour lui, les aînés apportent la mémoire et la sagesse des combats passés, tandis que les jeunes disposent de l’énergie, de l’innovation et d’une vision tournée vers l’avenir. « L’un ne remplace pas l’autre, l’un apprend de l’autre », a-t-il souligné.
Abordant le contexte politique actuel, Smith Etumba a également appelé à privilégier le dialogue alors que le chef de l’État a annoncé la mise en place d’un cadre pour un dialogue national.
Représentant la ministre de la Jeunesse, le directeur de cabinet adjoint, Jonathan Dineka, a salué une initiative permettant aux jeunes de bénéficier de l’expérience des générations précédentes.
Interrogé sur la participation des jeunes au dialogue national annoncé par le chef de l’État, il a plaidé pour une implication active de cette catégorie de la population.
« Nous voulons que la jeunesse puisse être dans les échanges qui auront lieu, au lieu d’être spectatrice. On veut qu’elle prenne le devant, qu’elle participe », a-t-il déclaré, rappelant que les jeunes représentent environ 70 % de la population congolaise.
L’ONU alerte sur les effets de la désinformation et des discours de haine
La représentante des Nations unies a, de son côté, salué l’initiative et l’engagement en faveur de la paix et de la cohésion sociale. Elle a souligné que la cohésion sociale se mesure notamment à la capacité des citoyens à vivre ensemble malgré leurs différences, à dialoguer en période de tensions et à préserver ce qui les unit.
Elle a également attiré l’attention sur des menaces moins visibles, notamment la désinformation, les rumeurs, les préjugés et les discours de haine, qui peuvent fragiliser la confiance et alimenter les divisions.
Selon elle, les conflits sont souvent précédés d’une érosion progressive de la confiance, lorsque les communautés cessent de se parler et que les frustrations s’accumulent sans espaces d’expression. À l’inverse, lorsque des cadres de dialogue existent, la confiance peut être reconstruite et favoriser la paix.
Enfin, la représentante des Nations unies a insisté sur le rôle des jeunes dans la prévention des conflits, la médiation, le dialogue et la consolidation de la paix, conformément à l’approche « Jeunesse, paix et sécurité » des Nations unies.
La rencontre s’est poursuivie par plusieurs panels consacrés à des échanges d’expériences et à l’identification de pistes d’action en faveur de la paix, de la tolérance et du vivre-ensemble en République démocratique du Congo.
Divine Mbala