À Walikale, au Nord-Kivu, plus de 90 agriculteurs issus des organisations paysannes accompagnées par le projet Femmes en Action de Jane Goodall Institute RDC ont été formés aux techniques de gestion post-récolte et de transformation des produits agricoles.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la clinique mobile agricole, une initiative destinée à rapprocher l’encadrement technique des producteurs et à renforcer leurs capacités face aux défis liés à la production, à la conservation et à la commercialisation des récoltes.
Dans un contexte où les agriculteurs font régulièrement face aux pertes de produits après la récolte, la formation a particulièrement insisté sur les moyens de mieux conserver et valoriser les productions locales. L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire, et permettre aux ménages agricoles de diversifier leurs sources de revenus.
Les participants ont été sensibilisés aux différentes étapes de la chaîne de valeur agricole, depuis la production jusqu’à la consommation, en passant par la récolte, le stockage, la transformation, le transport et la commercialisation.
Ils ont également été initiés à l’importance du respect du calendrier agricole et à l’adoption de pratiques agroécologiques adaptées aux réalités de Walikale.
Une place importante a été accordée au manioc, l’une des productions agricoles largement consommées dans la région.
À travers des exercices pratiques, les agriculteurs ont appris différentes techniques de transformation permettant de donner une valeur ajoutée à cette culture. La fabrication des beignets et de l’amidon figurait notamment parmi les exercices réalisés durant la formation, suivis d’une dégustation des produits obtenus.
Pour les organisateurs, cette approche permet aux producteurs de dépasser la simple consommation traditionnelle du manioc sous forme de chikwangue ou de farine et d’explorer d’autres possibilités de transformation et de commercialisation.
Venue de Mundindi, Kabo Fundi, participante à la formation, affirme avoir découvert plusieurs méthodes susceptibles de l’aider à mieux conserver et valoriser ses récoltes.
"Nous avons appris beaucoup de choses, notamment comment gérer nos produits après la récolte et comment transformer le manioc en différents produits. Avant, nous consommions surtout le manioc sous forme de chikwangue ou de farine. Maintenant, nous savons qu’il est possible de le transformer autrement et de le conserver pour éviter les pertes. Ces connaissances vont nous aider à améliorer notre production et à avoir de nouvelles sources de revenus."
Pour Lilianne Munindi, venue de Ndofia, les connaissances acquises peuvent surtout ouvrir des nouvelles perspectives économiques aux femmes engagées dans l’agriculture.
Elle estime que la transformation permettrait aux productrices de mieux valoriser leurs récoltes et d’obtenir des meilleurs revenus grâce à la vente de produits à plus forte valeur ajoutée.
"Cette formation nous a montré que le manioc peut être transformé en plusieurs produits, notamment les beignets, l’amidon, le gari et d’autres aliments. Nous avons aussi appris comment bien gérer les produits après la récolte. Nous allons mettre ces connaissances en pratique chez nous et essayer de développer de petites activités de transformation. Cela peut nous permettre de vendre nos produits à un meilleur prix et de soutenir nos familles."
Au-delà des produits traditionnellement consommés, les participants ont ainsi été sensibilisés à d’autres possibilités de transformation du manioc, notamment le gari, la semoule, l’amidon, le foufou, l’attiéké (riz) et le pain.
Cette diversification est présentée comme un moyen de limiter les pertes après récolte tout en créant des opportunités d’activités génératrices de revenus, particulièrement pour les femmes et les petits producteurs.
La formation entend ainsi encourager une transformation locale des produits agricoles avant leur mise sur le marché. L’idée est de permettre aux producteurs de ne plus vendre uniquement leurs récoltes à l’état brut, mais de leur apporter une valeur ajoutée grâce à des techniques simples de transformation et de conservation.
La clinique mobile agricole mise en œuvre par le projet Femmes en Action constitue, dans cette perspective, un mécanisme d’accompagnement de proximité. Elle est menée en collaboration avec le service territorial chargé de l’agriculture et de la sécurité alimentaire à Walikale.
À travers ces interventions, les organisateurs ambitionnent de renforcer durablement les compétences des agriculteurs, d’améliorer la gestion des récoltes et de favoriser l’émergence de petites initiatives de transformation agricole.
À Walikale, la transformation du manioc apparaît ainsi non seulement comme une réponse aux pertes post-récolte, mais aussi comme une piste pour accroître la valeur des productions locales, diversifier les revenus des ménages et renforcer leur résilience économique et alimentaire.