Interrogé mercredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur la dépendance structurelle de l'économie congolaise au cuivre et au cobalt, malgré des discours répétés sur la nécessité de diversification, Nicolas Kazadi conteste l'idée que cette diversification serait restée lettre morte, tout en reconnaissant sa mise en œuvre trop lente.
L'ancien ministre des Finances cite plusieurs réalisations concrètes menées sous le régime actuel, notamment le lancement d'au moins deux zones industrielles d'envergure, dont celle de Maluku, ainsi qu'un troisième projet en gestation au Katanga. Il évoque également des projets agricoles structurants en cours de déploiement. Pour expliquer pourquoi ces avancées restent peu visibles dans les grands équilibres économiques, il pointe la dynamique propre du secteur minier, dont la croissance, portée par des projets antérieurs et par l'évolution des cours mondiaux du cuivre et du cobalt, tend mécaniquement à écraser statistiquement la progression du secteur non minier, alors que celui-ci, selon lui, progresse également.
Sur le fameux projet de fabrication de composants de batteries électriques, souvent présenté comme abandonné, Nicolas Kazadi affirme qu'il demeure d'actualité, avec une zone industrielle dédiée toujours prévue. Il estime que ce chantier de transformation locale des minerais, le passage du stade extractif à celui de la transformation industrielle, est appelé à s'accélérer dans le cadre de l'accord conclu avec les États-Unis, sous réserve de disposer de suffisamment d'énergie et d'infrastructures de communication.
Le volet agricole constitue le point le plus critique de son intervention. Il juge « inacceptable » que la RDC, ancien premier producteur mondial d'huile de palme pendant plus d'une décennie, se retrouve aujourd'hui distancée par des pays comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou le Ghana, alors que son potentiel dépasserait, selon lui, celui de ces pays de dix à vingt fois. Il cite en exemple la trajectoire ivoirienne sur la noix de cajou, un secteur inexistant dans ce pays il y a une décennie et devenu, en dix ans, le premier au monde, ou encore celle du Bénin, devenu premier producteur mondial de coton sur une période comparable.
Pour Kazadi, ces exemples démontrent qu'une transformation rapide est possible sur des filières comme le café, le cacao, l'huile de palme ou le coton, à condition d'une volonté politique claire, d'une vision structurée et d'une action déterminée. Il conditionne toutefois cette dynamique à un préalable : le retour de la paix dans le pays, seule condition, selon lui, permettant de rassurer les investisseurs et d'attirer les capitaux nécessaires à ces transformations sectorielles.