Interrogé mercredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur la part de responsabilité de l'État dans la situation actuelle de la MIBA, à l'arrêt depuis des années malgré plusieurs annonces de relance, Nicolas Kazadi assume une responsabilité historique de l'État, tout en la replaçant dans la continuité de plusieurs régimes successifs. Il rappelle que sous Mobutu, l'entreprise n'a jamais bénéficié d'investissements suffisants ni d'une réelle diversification, malgré un potentiel important, avant d'être, selon ses mots, littéralement « tuée » durant les années Kabila, période marquée par l'exploitation résiduelle de ses ressources dans un contexte de guerre et par la signature de contrats qu'il qualifie de « très mauvais ». Pour lui, la situation actuelle est directement héritée de ce passé.
Au-delà de cet héritage, l'ancien ministre pointe une difficulté conjoncturelle majeure : le marché mondial du diamant a profondément changé, avec des cours durablement bas, une demande en recul et une concurrence croissante du diamant synthétique. Des facteurs qui, selon lui, compliquent toute relance de la MIBA sur son modèle économique historique.
Le pari du cobalt et du cuivre pour réinventer l'entreprise
Nicolas Kazadi mise désormais sur les résultats des travaux d'exploration en cours, menés notamment par une société, pour redéfinir l'avenir de l'entreprise. Il écarte l'idée d'une simple remise en route de la MIBA telle qu'elle existait auparavant, plaidant pour une transformation profonde intégrant de nouveaux produits au-delà du seul diamant, ainsi que de nouveaux types de partenariats. Il cite à l'appui l'exploitation artisanale de cobalt et de cuivre déjà observée sur les terres de la MIBA, notamment dans son propre territoire de Miabi et à Kabeya-Kamuanga, un phénomène qui s'étendrait jusqu'à Kananga. Selon lui, cette dynamique ouvre une perspective minière inédite pour l'ensemble du Grand Kasaï, à condition que les leçons du passé, notamment celles tirées de la Gécamines, soient réellement intégrées, ce qui permettrait, selon lui, de redonner un nouvel élan économique à cette région et à l'ensemble du pays.