Intervenant jeudi au Space live de Stanis Bujakera Tshiamala, l'analyste politique Christian Moleka a livré une lecture critique du processus de dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi, pointant à la fois ses ambiguïtés structurelles et son calendrier incertain.
Selon lui, l'ordonnance présidentielle prévoit une première phase de consultations à l'échelle locale, confiée à un comité opérationnel chargé d'en fixer le calendrier, une démarche qui, selon l'analyste, s'inspire du « pacte social » initialement proposé par les évêques de la CENCO, sans en reprendre l'architecture complète.
Sur le rôle des confessions religieuses, Christian Moleka a précisé que l'Église ne sera pas positionnée comme médiatrice du processus, mais simplement représentée en son sein, une nuance qu'il juge significative par rapport aux précédents dialogues, où les confessions religieuses avaient occupé une place plus centrale dans la facilitation.
L'analyste a, par ailleurs, insisté sur la question de l'inclusivité, jugeant qu'à ce stade, la posture du pouvoir reste ferme quant à l'exclusion de certains acteurs, notamment ceux identifiés à des mouvements rebelles ou à des positions jugées contraires aux intérêts de la nation, même si, selon lui, une porte pourrait rester entrouverte à ce sujet.
Il a également rappelé le précédent historique des « conversations populaires » de l'ère Mobutu, dont l'issue chaotique invite, selon lui, à la prudence face à une démarche construite « du bas vers le haut ».
Concernant le positionnement de l'opposition, Christian Moleka a indiqué que celle-ci n'a si elle arrivait à rejeter ce dialogue qu'un seul choix, celui de la démonstration de force pour espérer renverser les rapports de force face à un Tshisekedi en confiance.
Sur le calendrier, l'analyste a estimé que la phase des consultations sociales pourrait s'étaler sur plusieurs mois, repoussant l'ouverture effective du dialogue politique à la fin de l'année 2026, voire en 2027. Une temporalité qu'il interprète comme une stratégie délibérée du chef de l'État pour gagner du temps, se soustraire à toute pression immédiate de l'opposition et consolider ses positions en l'absence d'un rapport de forces suffisamment contraignant.