Plus de 50 820 cas suspects de rougeole ont été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre janvier et le 19 juillet 2026, selon les données officielles citées par Médecins Sans Frontières (MSF).
À l’échelle nationale, la République démocratique du Congo a enregistré plus de 108 643 cas suspects de rougeole et 1 394 décès au cours de la même période. Près de la moitié de ces cas, soit plus de 50 820, étaient concentrés dans les deux provinces du Kivu.
Cette situation sanitaire intervient alors que l’est de la RDC fait également face à l’épidémie de maladie à virus Ebola. Pour MSF, la mobilisation importante autour de cette épidémie ne doit toutefois pas entraîner une diminution de l’attention et des moyens consacrés aux autres urgences sanitaires, notamment la rougeole, le choléra et le paludisme.
Dans le cadre de sa réponse à la rougeole, médecins sans frontières indique avoir réalisé six interventions dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les plus récentes ont notamment été menées à Walikale, au Nord-Kivu, et à Shabunda, au Sud-Kivu.
Selon l’organisation, ces interventions ont permis de traiter plus de 12 050 patients et de vacciner plus de 283 150 enfants.
La rougeole n’est pas la seule maladie qui continue de menacer les populations dans les deux Kivu. Selon les données citées par MSF, la RDC avait enregistré plus de 35 464 cas suspects de choléra et plus de 1 051 décès. Parmi ces notifications, 14 819 étaient concentrées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
À Goma, les équipes de MSF ont notamment été mobilisées contre une flambée de choléra entre mai et début août 2026. Au total, plus de 2 410 personnes atteintes de choléra ont été prises en charge dans les structures soutenues par l’organisation.
Médecins sans frontières estime que ces différentes urgences sanitaires doivent continuer à faire l’objet d’une réponse simultanée. L’organisation souligne que les populations de l’est de la RDC vivent déjà dans un contexte marqué par les conflits armés, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux soins.
Face à cette situation, MSF appelle au maintien des soins et des financements consacrés aux différentes crises sanitaires afin d’éviter que la réponse à Ebola ne se fasse au détriment des autres besoins de santé dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Josué Mutanava, à Goma