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FIS26 : À Kananga, l’ANADEC met les politiques face à l’urgence de transformer la jeunesse en force de création d’emplois

Photo d'illustration

Et si la solution au chômage des jeunes ne consistait plus seulement à multiplier les offres d’emploi, mais à faire émerger une génération capable d’en créer ? C’est le défi posé à Kananga par le directeur général de l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), le professeur Godefroy Kizaba Akampese, lors de la deuxième journée du Festival International SANKAYI (FIS26).

Devant les jeunes, les autorités provinciales, les entrepreneurs et plusieurs partenaires, le patron de l’ANADEC a livré un message qui dépasse le simple cadre de l’entrepreneuriat : la République démocratique du Congo doit désormais faire de sa jeunesse un véritable moteur de création de richesses et d’emplois.

Cette vision s’inscrit dans la dynamique du programme présidentiel consacré à l’emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes, mis en place le 30 juin 2026. Pour l’ANADEC, l’enjeu est désormais de traduire cette orientation politique en opportunités concrètes pour les jeunes, notamment à travers la formation, l’accompagnement et l’accès aux mécanismes de financement.

Former avant de financer : le pari de l’ANADEC

Au cœur de son intervention, le professeur Godefroy Kizaba Akampese a rappelé le rôle stratégique de l’ANADEC dans la préparation des jeunes appelés à participer au concours prévu dans le cadre de ce programme.

« Dans le programme, il y a le concours. Qui dit concours dit qu’il faut que les postulants soient formés. Or, la formation, c’est la grande mission d’ANADEC », a-t-il expliqué.

Pour l’Agence, il ne suffit donc pas de financer les jeunes. Encore faut-il leur donner les outils nécessaires pour transformer une idée en entreprise viable, capable de résister aux réalités du marché et surtout de créer des emplois durables.

L’ANADEC entend ainsi intervenir à plusieurs niveaux : sensibilisation, information, formation, encadrement et accompagnement des porteurs de projets jusqu’à leur orientation vers les mécanismes appropriés de financement.

De demandeurs d’emploi à créateurs d’emplois

Face aux jeunes de Kananga, le DG de l’ANADEC a surtout appelé à un changement de mentalité.

Son message est clair : le diplôme ne doit plus être considéré uniquement comme un passeport vers la recherche d’un emploi. Il doit également devenir un point de départ vers la création d’une activité économique.

Il encourage ainsi les étudiants à réfléchir à leur avenir professionnel dès leur parcours universitaire, en développant parallèlement à leurs études des idées et des projets susceptibles de devenir de véritables entreprises.

Cette approche ouvre également la voie à la promotion du statut de l’étudiant-entrepreneur, une perspective sur laquelle l’ANADEC travaille afin de permettre aux jeunes de concilier formation académique et développement d’initiatives économiques.

Universités et entreprises : les deux mondes doivent se rapprocher

Pour le professeur Godefroy Kizaba, la transformation économique de la RDC passe aussi par une meilleure connexion entre le monde universitaire et celui de l’entreprise.

Il plaide notamment pour que les entreprises soient davantage présentes dans les universités et que certains travaux réalisés par les étudiants puissent dépasser le cadre académique pour devenir de véritables projets entrepreneuriaux.

« Faire venir les entreprises dans nos universités, c’est très important », a-t-il insisté.

Une telle orientation pourrait permettre de rapprocher les compétences produites par les universités des besoins réels de l’économie congolaise, tout en donnant aux jeunes une première expérience concrète de l’entrepreneuriat.

Un message qui interpelle les décideurs

Au-delà du panel du FIS26, l’intervention de l’ANADEC pose une question politique majeure : comment transformer la croissance démographique de la RDC en véritable dividende économique ?

Avec une population majoritairement jeune, le pays dispose d’un potentiel humain considérable. Mais sans formation adaptée, accès au financement, accompagnement et environnement favorable aux affaires, cette force démographique risque de demeurer sous-exploitée.

Le défi posé aux pouvoirs publics est donc celui de la cohérence entre les politiques annoncées et leur traduction sur le terrain.

À Kananga, le message de l’ANADEC apparaît ainsi comme un appel à accélérer la mise en œuvre des politiques publiques en faveur de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes, mais également à renforcer la collaboration entre l’État, les provinces, les universités, le secteur privé et les partenaires au développement.

Le FIS26, une tribune pour une nouvelle politique de l’emploi

En réunissant jeunes, institutions publiques, entrepreneurs et partenaires, le Festival International SANKAYI s’impose comme un espace de réflexion sur les réponses à apporter aux défis économiques et sociaux de la jeunesse.

À travers les échanges de Kananga, une conviction semble se dégager : la RDC ne peut plus seulement chercher à résorber le chômage ; elle doit créer les conditions permettant à sa jeunesse de devenir productrice d’emplois, de richesses et d’innovations.

Le défi est désormais politique, économique et collectif : transformer les ambitions en actions et faire de l’entrepreneuriat des jeunes un véritable levier de développement national.