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Ebola dans l’Est : les restrictions des échanges commerciaux transfrontaliers accentuent la faim en Ituri, d’après le CICR

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Au-delà des conflits armés et d’autres situations de violence qui entraînent des déplacements massifs de populations et l’abandon, par certaines familles, de leurs champs éloignés dans l’Est de la RDC, les restrictions des échanges commerciaux ont également contribué à accentuer la faim dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo.

D’après un nouveau rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui rappelle la situation d’insécurité alimentaire aiguë frappant la RDC de plein fouet, avec plus de 8,6 millions de personnes touchées, ces restrictions des échanges de biens aux frontières entre la RDC et le Burundi notamment ont eu des répercussions importantes sur les populations.

Face à ces défis, le CICR, en collaboration avec des chefferies de la province, a défini des mécanismes permettant d’apporter une assistance aux familles vulnérables, sans les exposer aux risques de contamination par la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, responsable de plus de 2 000 décès depuis sa déclaration officielle au mois de mai dernier.

« Certes, Ebola tue. Mais ventre creux n’a pas d’oreille, dit-on. Nous avons mis en place des mécanismes, ensemble avec le CICR, pour organiser la distribution tout en respectant les mesures de prévention. Cette assistance permettra à tout le monde de continuer à respecter les mesures de prévention », affirme John Kabarole, chef d’une chefferie ciblée par l’assistance en Ituri.

Pour Abdoule Karim Diomande, chef des programmes au CICR en RDC, il est impérieux que les populations puissent reprendre le chemin de leurs champs, accéder aux marchés, aux points d’eau et aux autres moyens essentiels de subsistance afin de prévenir l’aggravation de l’insécurité alimentaire.

Il redoute notamment une hausse des risques de faim et de malnutrition et appelle les différentes parties aux conflits à cesser les opérations militaires affectant les civils afin de limiter les déplacements forcés.

« Il est essentiel que les différentes parties aux conflits prennent toutes les dispositions afin de limiter les effets des opérations militaires sur les populations civiles afin, notamment, d’éviter des déplacements forcés, et qu’elles facilitent aussi le passage rapide et sans encombre de l’assistance humanitaire au profit des populations affectées », a-t-il ajouté.

Samyr LUKOMBO