Après une salve d’insultes qui a récemment visé la première dame, Denise Nyakeru, relayée en boucle sur le réseau social TikTok, plusieurs associations de femmes sont montées au créneau pour exprimer leur vive colère contre ces attaques à l’encontre de l’épouse du chef de l’État. Le président du conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), très opposé à la manière dont certains internautes se servent de cette plateforme, a annoncé sa démarche visant à obtenir pour la fermeture de cette dernière en RDC.
Rencontré à Kinshasa par une ONG qui était dans les rues jeudi pour dire son soutien à Denise Nyakeru, Christian Bosembe a vivement lâché son indignation au sujet des tiktokeuses qui excellent dans les injures tout en étant en dehors du pays. Il a rappelé que l’Europe n’est pas une zone de non-droit. Alors que la direction de TikTok lui a signifié son intention de supprimer des comptes jugés « dangereux », le patron de la régulation des médias congolais, lui, souhaite aller plus loin : « fermer momentanément ».
« Les plateformes sont responsables de ce qui nous arrive. Pour qu’on arrive à mettre un terme à cela, vous avez l’obligation de respecter votre modération et d’empêcher toutes les personnes de bloquer les comptes qu’on vous envoie, qui sont à peu près 2000. Mais la solution la plus importante maintenant, c’est de fermer momentanément », a-t-il déclaré devant des manifestants.
Ce que pense Patrick Muyaya dans ce débat
Réagissant sur ces attaques verbales qui désolent l’opinion publique, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya a, lors d’un briefing presse jeudi, estimé, pour sa part, « que les réseaux sociaux ne devraient pas être un espace où l’insulte remplace l’argument ». Il a, dans la foulée, interpellé les auteurs de ces actes déviants de tracer des limites en considérant l’âge de leurs cibles et de tenir compte de l’humain avant de vilipender.
S’agissant de la suppression du réseau social chinois, Muyaya n’a pas soutenu la position radicale de Bosembe. Il a, par contre, indiqué qu’une telle mesure mettrait en mal tous ces Congolais qui l’utilisent à bon escient et en tirent profit.
« Interdire TikTok pénaliserait ceux qui l’utilisent intelligemment et qui gagnent leur vie dignement », a-t-il soutenu.
Le président du CSAC sera l’invité du live Space X de Stanis Bujakera Tshamala, ce soir, et l’interview sera également diffusée sur toutes les plateformes de ACTUALITE.CD.
Samyr LUKOMBO