Face à la multiplication des attaques des ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri, la société civile durcit le ton. Elle annonce une journée de deuil et de paralysie des activités ce mercredi 12 août, suivie dès jeudi 13 août du lancement d’un mouvement d’«incivisme fiscal» d’une durée de six mois. Les autorités territoriales appellent, de leur côté, au dialogue.
La colère monte dans le territoire de Mambasa. Après plusieurs semaines marquées par des attaques, des enlèvements et des tueries des civils par les islamistes ADF, la société civile annonce de nouvelles actions pour pousser les autorités à renforcer la protection des populations.
Les structures de la société civile appellent à la fermeture des commerces, à l’arrêt des activités et à la suspension de la circulation mercredi afin de rendre hommage aux victimes des violences et de dénoncer ce qu’elles qualifient de passivité des services de sécurité.
Selon Jospin Paluku Mbowa, président de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), cette action vise à exercer une pression sur les autorités afin qu’elles prennent des mesures concrètes pour restaurer la sécurité.
« Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, causée par l'activisme des ADF dans plusieurs chefferies, ces actions visent à interpeller les autorités pour qu'elles prennent leurs responsabilités et rétablissent la paix dans l'ensemble du territoire de Mambasa », explique Jospin Paluku Mbowa.
L’ONGDH Protection Plus, une organisation locale de défense des droits humains redoute que l’accumulation de frustrations ne provoque une nouvelle crise dans à Mambasa.
« La sécurité ne peut être construite contre la population, mais avec elle. Il est urgent de rétablir la confiance avant que la colère ne se transforme en confrontation », alerte Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur et défenseur des droits humains au sein de l’ONGDH Protection Plus.
L’administrateur du territoire de Mambasa, le commissaire supérieur principal Matadi Muyapandi Jean Baptiste, déplore la démarche de la société civile et invite ses représentants à privilégier les échanges avec les autorités. Il estime que les revendications liées à l’insécurité doivent faire l’objet d’une concertation afin d’identifier ensemble des pistes de solutions contre l’activisme des ADF.
Freddy Upar, à Bunia