Intervenant lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur Tharcisse Loseke Nembalemba est revenu longuement sur sa rencontre avec Joseph Kabila, à l'origine de son adhésion à la plateforme « Sauvons la RDC ». Un tournant qu'il décrit comme le fruit d'une découverte personnelle, aux antipodes de l'image qu'il en avait auparavant.
Il affirme n'avoir jamais connu ni rencontré l'ancien chef de l'État avant une invitation reçue à Nairobi, où il devait apporter sa contribution à une réflexion sur les causes profondes de la crise multiforme que traverse le pays. « Il m'a réservé une audience vraiment très conviviale », raconte-t-il, précisant que jusque-là, l'image de Joseph Kabila lui venait essentiellement de ses collaborateurs, « avec tous ceux qui véhiculaient comme brutalité, anti-valeurs ou des violations des droits de l'homme ».
Mais la rencontre l'aurait profondément marqué : « Quand vous parlez avec la personne Joseph Kabila Kabange, c'est une autre personne », affirme-t-il, allant jusqu'à dresser un portrait élogieux de l'ancien président : « C'est un intellectuel, poli, posé, qui vous écoute, qui vous contredit quand il doit vous contredire, qui vous conseille. Donc vous n'avez pas envie d'être, je ne sais pas, son adversaire. Il fait de vous directement un allié, puisqu'il vous explique de manière pragmatique comment il voit la gestion du pays. »
Le professeur Loseke nuance toutefois ce satisfecit en évoquant les dix-huit années passées par Joseph Kabila à la tête du pays, estimant qu'il n'a « pas été suffisamment aidé par ses collaborateurs », une manière, selon lui, de dissocier la responsabilité personnelle de l'ancien chef de l'État de celle de son entourage. Il dit avoir alors compris pourquoi Joseph Kabila affirmait « n'avoir jamais trouvé quinze personnes pour l'aider à diriger le pays ».
C'est cette rencontre, conjuguée à son adhésion aux « douze priorités » énoncées par Joseph Kabila dans un discours du 23 mai 2025, dont il dit partager « la quasi-totalité », qui l'aurait conduit tout naturellement à devenir membre fondateur de « Sauvons la RDC ». « Je n'avais pas de choix, je devais être parmi les fondateurs », conclut-il.