Ebola en Ituri : le parquet annonce des sanctions contre les auteurs de la désinformation

Santé/Bunia/Ph.OMS
Santé/Bunia/Ph.OMS

Le parquet général près la Cour d'appel de l'Ituri durcit le ton contre la propagation des fausses informations liées à l'épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit dans la province. La procureure générale, Eudoxie Maswama Fuilu, prévient que les auteurs de rumeurs ou de messages de nature à compromettre les efforts de riposte s'exposent à des poursuites judiciaires.

Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par la circulation de nombreuses informations non vérifiées sur les réseaux sociaux et dans certaines communautés, alors que les autorités sanitaires intensifient les opérations de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge des malades.

Pour le parquet général, la désinformation constitue un danger réel dans la lutte contre l'épidémie, en ce qu'elle alimente la méfiance des populations envers les équipes médicales et les mesures de prévention mises en place.

« Nous appliquons une politique de tolérance zéro contre toute personne qui propage de fausses informations susceptibles de mettre en danger la santé publique ou de compromettre la riposte contre Ebola », a déclaré la procureure générale Eudoxie Maswama Fuilu.

Selon elle, toute personne qui diffuserait volontairement des informations mensongères de nature à troubler l'ordre public ou à décourager l'adhésion des communautés aux mesures sanitaires pourra répondre de ses actes devant la justice.

Cette prise de position intervient alors que les autorités sanitaires continuent d'appeler la population à privilégier les informations provenant des sources officielles et à collaborer avec les équipes de riposte déployées sur le terrain.

« La lutte contre Ebola ne se gagnera pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi dans la bataille contre les fausses informations qui alimentent la peur, la méfiance et le rejet des mesures sanitaires », a souligné un responsable impliqué dans la sensibilisation communautaire.

La sortie du parquet général intervient dans un contexte où la riposte reste confrontée à des défis liés à la désinformation et à la réticence de certaines communautés. Selon les dernières données de l'Institut national de santé publique (INSP), l'épidémie totalise 550 cas confirmés, dont 101 décès. Au total, 309 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés.

Les autorités sanitaires ont néanmoins enregistré une évolution encourageante avec la guérison de sept nouveaux patients à Nyankunde. Cette évolution porte à 19 le nombre cumulé de personnes guéries depuis le début de l'épidémie, dont 17 en Ituri et 2 au Nord-Kivu.

Par ailleurs, le taux de suivi des personnes contacts dans les provinces concernées est estimé à 64,4 %. Les équipes de riposte poursuivent les activités de surveillance, de vaccination, de sensibilisation communautaire et de prise en charge médicale afin de contenir la propagation du virus.

Pour les autorités judiciaires et sanitaires, le respect des mesures de prévention, le signalement rapide des cas suspects et la diffusion d'informations fiables demeurent des éléments essentiels pour freiner l'épidémie et protéger les populations exposées.

Freddy Upar, à Bunia