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Ebola en RDC : l’OMS appelle à un engagement accru des communautés ainsi qu’à la solidarité internationale pour le retour de la paix

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Alors que les autorités congolaises affichent leur optimisme malgré les défis et les contraintes persistantes, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté sur la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Il a souligné les difficultés auxquelles fait face la riposte, notamment en raison de l’insécurité et des conflits dans plusieurs zones touchées.

Dans une mise au point publiée jeudi 23 juillet 2026 dans le cadre du suivi de la riposte contre cette épidémie, le Directeur général de l’OMS a rappelé que, depuis la déclaration de l’épidémie en mai dernier, plus de 500 personnes ont été déclarées guéries, tandis que plus de 1 000 autres ont perdu la vie. Il a également relevé que la majorité des décès surviennent au sein des communautés, plutôt que dans les centres de traitement spécialisés.

« Depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en RDC en mai dernier, plus de 500 personnes ont guéri. Cependant, plus de 1 000 personnes sont décédées. La plupart de ces décès sont survenus au sein des communautés, et non dans les centres de traitement d’Ebola » a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus sur son compte X.

Pour le Directeur général de l’OMS, l’implication directe des populations demeure un facteur déterminant pour contenir la propagation du virus et réduire la mortalité.

« L’implication et l’appropriation de la riposte par les communautés demeurent essentielles pour sauver des vies et enrayer la propagation du virus », a-t-il insisté.

Plus de 2 500 cas ont été recensés à ce jour. Toutefois, l’OMS estime que le nombre réel de personnes infectées pourrait être largement supérieur, en raison notamment des difficultés d’accès aux zones affectées, particulièrement dans les régions confrontées à des violences armées.

« L’insécurité et les conflits actifs continuent de limiter l’accès aux zones touchées. On estime que le nombre réel de personnes infectées pourrait être plus du double », a fait savoir le chef de l’OMS.

Selon lui, malgré les progrès enregistrés dans le suivi des contacts, les équipes de riposte restent confrontées à d’importantes contraintes opérationnelles. Le traçage permet désormais d’atteindre environ 80 % des contacts identifiés, mais certaines communautés demeurent difficiles d’accès.

« Les équipes ne peuvent toujours pas accéder à toutes les communautés, diagnostiquer tous les malades ni déployer les équipes d’intervention là où elles sont nécessaires. Par conséquent, malgré des progrès importants, l’épidémie continue de progresser plus vite que la riposte », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, les priorités de la réponse sanitaire restent axées sur la réduction de la transmission, particulièrement en Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie. Elles portent notamment sur le renforcement de la surveillance, l’amélioration de la prise en charge clinique, la sécurisation des inhumations et une implication accrue des communautés.

« Les priorités de la riposte sont de réduire la transmission en Ituri en renforçant la surveillance, en assurant des inhumations dignes et sécurisées, en améliorant la prise en charge clinique et en encourageant l’implication des communautés, tout en renforçant rapidement les capacités de riposte dans les provinces nouvellement touchées avant que la transmission ne s’établisse »,  a-t-il précisé.

L’OMS appelle également à un renforcement rapide des capacités de riposte dans les nouvelles provinces affectées afin d’éviter l’installation durable des chaînes de transmission.

Au-delà des défis sanitaires, Tedros Adhanom Ghebreyesus a insisté sur la nécessité d’une réponse politique permettant d’améliorer l’accès humanitaire dans les zones touchées. Il a appelé à un engagement accru de la communauté internationale, estimant que la RDC ne peut faire face seule à cette crise sanitaire.

« Nous sommes confrontés à des défis techniques, mais nous avons également besoin d’une action politique en faveur d’un cessez-le-feu afin d’améliorer l’accès humanitaire et de permettre l’intensification urgente de la riposte. Le peuple de la RDC ne peut affronter cette épidémie seul. Il a besoin d’un soutien constant de la communauté internationale. Et surtout, il a besoin de paix », a plaidé le Directeur général de l’OMS

Face à cette situation, la Première ministre Judith Suminwa conduit une mission conjointe à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, puis à Bunia, Mongbwalu et Rwampara, dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, afin de renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola.

Cette mission, qualifiée de « haut niveau » par la Primature, intervient deux mois après la déclaration officielle de l’épidémie et quelques semaines après son extension à deux nouvelles provinces, la Tshopo et le Haut-Uele, portant ainsi à cinq le nombre total de provinces touchées.

Aux côtés de la cheffe du gouvernement, cette mission réunit des représentants des États-Unis, du système des Nations unies ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers engagés dans la lutte contre cette épidémie.

Selon la Primature, cette visite traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son leadership dans la coordination de la riposte. Elle vise également à permettre aux partenaires internationaux d’évaluer les réalités du terrain et de renforcer les interventions en matière de prévention, de surveillance épidémiologique et de prise en charge des personnes affectées

Clément MUAMBA