Dans un nouveau rapport, HRW accuse le M23 et le Rwanda de recrutement forcé et de détention abusive des personnes dans l’est de la RDC

Les rebelles du M23 à Goma
Les rebelles du M23 à Goma

Human Rights Watch a publié, ce mercredi 10 juin, un nouveau rapport qui accuse la rébellion du M23 et le Rwanda de recrutement forcé et de détention des personnes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu partiellement occupées. L’organisation qualifie de détention « abusive » qui concerne notamment des combattants capturés ou des civils recrutés.

Le rapport de 87 pages, intitulé « “La mort était partout” : Détention arbitraire, meurtres et recrutement forcé commis par le M23 et les Forces rwandaises de défense », évoque aussi des cas d’abus commis contre des personnes détenues dans des camps de formation militaire à Rumangabo et à Tshanzu, dans le territoire de Rutshuru. C’est notamment des meurtres, des actes de torture, des châtiments corporels et ont eu recours au travail forcé et à des enfants soldats subis de la part de personnel militaire rwandais, selon le rapport.

« Je n’étais qu’un étudiant, je n’avais jamais vu un cadavre auparavant. Ils m’ont fait enterrer des corps sept fois, nous les avons mis dans une grande fosse. », rapporte HRW dans son rapport.

HRW dit avoir mené des entretiens avec plus d’une centaine d’anciens détenus qui se sont échappés de Rumangabo et de Tshanzu, d’autres qui ont déployés avec le M23 ou se sont rendus plus tard à l’armée congolaise, ainsi qu’avec des témoins d’abus et diverses sources au sein des Nations Unies, du M23, des services militaires et de renseignement, des médias et des services diplomatiques.

« Le M23, soutenu par le Rwanda, gère des soi-disant camps de formation militaire dans l’est de la RD Congo, où les recrues ont été soumises à des mauvais traitements et à des actes de tortures, aux effets parfois mortels. Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires devraient faire pression sur les autorités rwandaises pour qu’elles mettent fin à ces graves abus, et veillent à ce que les responsables répondent de leurs actes. », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch.

« Le recrutement forcé de civils, y compris d’enfants, fait partie d’un cycle d’abus qui dure depuis des décennies dans l’est de la RD Congo », a conclu Clémentine de Montjoye. « Les gouvernements préoccupés devraient souligner que les atrocités commises par le Rwanda et le M23 dans leurs camps d’entraînement nécessitent une action urgente pour y mettre fin, et que nul n’est hors de portée de la justice. »

Il ne s’agit pas d’un premier rapport de cette organisation documentant d’abus et graves violations commis par le M23 dans les zones sous son contrôle dans l’est de la RDC. Après le retrait de cette rébellion d’Uvira, HRW avait fait état de découverte des fosses communes. La rébellion avait alors rejeté le contenu du rapport de HRW qu’elle avait accusé de faire la campagne du régime de Kinshasa.