Une explosion des chiffres qui interpelle. Lors du Space live organisé ce samedi par Stanis Bujakera Tshiamala, Mgr François Mwarabu a révélé que sous son mandat, le FRIVAO n'avait identifié et validé que 101 victimes éligibles aux réparations ordonnées par la Cour Internationale de Justice dans l'affaire RDC contre Ouganda.
Or, avant l'arrivée de l'actuel Ministre de la Justice, ce chiffre était passé à 3.000, pour atteindre aujourd'hui 16.000 victimes déclarées, une multiplication par près de 160 en moins de deux ans, que l'actuel coordonnateur du FRIVAO dit ne pas être en mesure d'expliquer, sa coordination ayant été suspendue en plein processus d'indemnisation.
Le Ministre de la Justice lui-même évoque l'existence de « fausses victimes » parmi les personnes enregistrées, alors que sur les millions de dollars déjà versés par Kampala, seuls 28 millions, soit 14,3%, ont effectivement atteint des bénéficiaires.
Les comptes du FRIVAO ont été gelés par décision de justice, et un cabinet d'audit indépendant, dont le déploiement sur le terrain était annoncé « incessamment », devra établir qui a accédé aux fonds et en quelle qualité.
Par ailleurs, le coordonnateur a souligné que l'indemnisation collective n'a jusqu'ici couvert que la seule ville de Kisangani, alors que le fonds, conformément à l'arrêt de la CIJ, s'étend à l'ensemble de l'ex-Grande Orientale et à tous les territoires de la cartographie des activités illicites de l'Ouganda entre 1998 et 2003, incluant des districts de l'Ituri, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et de la Tshopo. Les millions de dollars restants demeurent sans explication publique, au cœur d'une instruction judiciaire dont l'issue conditionne le sort de dizaines de milliers de victimes qui attendent toujours réparation.