Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a réagi aux mesures restrictives envisagées ou appliquées à l’égard de la République démocratique du Congo depuis la resurgence de l'epidemie d'Ebola qui sévit actuellement dans les provinces de l'Ituri, Nord Kivu et Sud-Kivu dans l'Est du pays estimant que certaines décisions prises à l’international reposent sur des perceptions non fondées sur les données scientifiques actuelles.
Intervenant sur la question au briefing presse ténu jeudi 4 juin 2026 aux côtés de son collègue de la Communication et Médias, le patron du secteur de la Santé publique en RDC a tenu à relativiser les risques de transmission dans des contextes sans contact direct avec des personnes infectées.
Évoquant notamment la situation des Léopards, la sélection nationale congolaise, il a estimé qu’aucun danger sanitaire ne pouvait leur être associé en raison de leur éloignement du foyer épidémique.
"Nous ne prenons pas de risque lorsque nous n’avons pas de contact avec un malade. Zéro risque lorsqu’il n’y a pas de contact avec un malade. Nos Léopards sont tellement éloignés du pays que je ne vois pas par quel mécanisme ils représenteraient un quelconque risque. Ce n’est pas parce qu’ils sont congolais qu’ils sont, par définition, potentiellement contagieux?" s'est-il interrogé lors de sa prise de parole
Samuel Roger Kamba a également rappelé que l’Organisation mondiale de la sépidémique.
Il considère le risque de propagation mondiale comme très faible, malgré la situation épidémiologique dans certaines zones du pays.
Le ministre a rejeté toute idée de fermeture des frontières ou de restrictions générales, estimant que certaines réactions relèvent davantage de la peur que de l’analyse sanitaire.
"L’OMS a rappelé que le risque de pandémie est extrêmement faible c'est-à-dire le risque d'une épidémie mondiale est extrêmement faible, nous-mêmes ici, nous disons que le risque est élevé dans certaines zones du pays mais nous avons déjà connu 16 épidémies. Avons-nous déjà observé une pandémie mondiale à partir de ces 16 épidémies ? Pensez-vous qu'auparavant le système était mieux préparé qu'aujourd'hui ? Donc d'un point de vue sanitaire celà n'a aucun sens au niveau sanitaire, cela me donne l'occasion de rappeler qu'il n’y a aucune raison de fermer les frontières. Il n’y a aucune raison de paniquer", a-t-il déclaré lors de sa prise de parole.
Il a précisé que l’épidémie est circonscrite à certaines zones du pays, sans présence de cas à Kinshasa ni dans d’autres régions en dehors des provinces déjà affectées. Pour le ministre, certaines mesures prises à l’égard des Congolais reposent sur des représentations erronées de la situation sanitaire.
Samuel Roger Kamba a enfin dénoncé ce qu’il considère comme une forme de stigmatisation des ressortissants congolais et des supporters vivant à l’étranger, rappelant qu’ils ne présentent aucun risque particulier en l’absence de circulation active du virus dans leurs lieux de résidence.
"D’ailleurs, eux n’étaient même pas à Kinshasa, Il n’y a pas de cas à Kinshasa, Il n’y a pas de cas en dehors des trois provinces dont j’ai parlé. À partir de là, toutes ces décisions relèvent davantage de fantasmes sanitaires en réalité, ce sont des supporters qui vivent déjà en Europe qui vont assister à ces matchs, Il n’y a aucun cas en Europe. Je ne vois donc pas comment une contamination pourrait avoir lieu. Honnêtement, au-delà de la discrimination, je ne vois aucun intérêt sanitaire à ces mesures", a indiqué Samuel Roger Kamba, Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola, la 17ᵉ de l’histoire sanitaire de la RDC, intervient dans une région déjà fragile. La grave situation humanitaire dans l’Est du pays, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
À cela s’ajoutent l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui aggravent la vulnérabilité des populations de cette partie du pays, dans un contexte marqué par le statu quo des initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar.
Clément MUAMBA