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Malabo: un message de Félix Tshisekedi au président de la CEEAC sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC

Photo d'illustration

En mission officielle à Malabo, le ministre de l'Intégration régionale de la République démocratique du Congo, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a remis un message « spécial » du président Félix Tshisekedi au président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. En l'absence du chef de l'État équato-guinéen, le message a été reçu par le Premier ministre, Manuel Osa Nsue Nsua, mandaté pour représenter le président Obiang.

Les échanges ont essentiellement porté sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, avec un accent particulier sur le conflit qui perdure dans l'Est de la République démocratique du Congo, où la situation sécuritaire continue de se détériorer sur le terrain avec la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda, en dépit des initiatives diplomatiques engagées à Washington et à Doha.

« Le président Tshisekedi a tenu à ce que nous transmettions, en son nom, un message confidentiel au président Obiang. Le président Obiang étant empêché, il a délégué le Premier ministre, à qui le message a été transmis et à qui nous avons fourni les explications nécessaires », a déclaré samedi 25 juillet 2026 le ministre devant la presse.

Sans dévoiler le contenu du message, le ministre a précisé qu'il concernait la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC. 

« Ce message, sans entrer dans les détails, étant donné qu'il est destiné au président Obiang, concerne, comme vous pouvez l'imaginer, la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC, où, malheureusement, un conflit perdure et où la RDC est victime, une fois de plus, d'une agression du Rwanda, qui est également membre de la CEEAC, que préside aujourd'hui la Guinée équatoriale », a-t-il expliqué.

Floribert Anzuluni a souligné que cette démarche s'inscrivait dans le cadre des responsabilités du président en exercice de la CEEAC, dont la RDC et le Rwanda sont membres.

« L'objectif de cette mission était donc de transmettre ce message au président Obiang, en sa qualité de président en exercice de la CEEAC, organisation dont la RDC et le Rwanda sont, je pense, encore membres à ce jour. Il était donc important de lui transmettre ce message » a-t-il souligné

Si, du côté de l'émissaire de Félix Tshisekedi, l'on préfère toujours préserver le caractère confidentiel du message adressé à ses interlocuteurs au niveau continental et européen, nos confrères de Jeune Afrique ont révélé que le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté à ses différents interlocuteurs, au cours de sa tournée diplomatique, un protocole prévoyant la démobilisation et le désarmement des FDLR, officiellement paraphé par Victor Byiringiro, président de la branche politique du mouvement.

D'après la source citée, ce document est présenté par la partie congolaise comme l'aboutissement d'un processus de reddition volontaire des combattants, devant conduire à la dissolution du mouvement au terme d'une phase de sensibilisation. Pour Kinshasa, cette étape serait décisive : elle viserait à priver le Rwanda de ce que les autorités congolaises considèrent comme son principal prétexte pour justifier son soutien à la rébellion dans l'Est du pays.

Cette démarche intervient dans un contexte où la neutralisation des FDLR par le gouvernement de la République démocratique du Congo et la levée des mesures défensives, donc du déploiement des forces rwandaises sur le sol congolais, deux engagements clés de l'accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali, n'ont connu aucune avancée un an après la signature de cet accord. Washington, par l'entremise de Massad Boulos, « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, qui l'avait reconnu devant le Conseil de sécurité des Nations unies, avait exigé des deux parties le respect des engagements issus de cet accord.

Malgré la signature de cet accord, les choses ne semblent pas évoluer dans la bonne direction, au regard de la poursuite des hostilités sur le terrain, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et des interprétations divergentes des termes de l'accord, rendant sa mise en œuvre encore plus complexe. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à cette guerre, tandis que la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante

Clément MUAMBA