La République démocratique du Congo (RDC) a activement participé, jeudi, à l’élection du nouveau Bureau du Parlement panafricain (PAP), une séquence institutionnelle majeure qui intervient dans un contexte de recomposition de l’organe législatif continental après la démission de l’équipe sortante dirigée par Chief Fortune Charumbira.
Organisé sous la supervision d’un comité ad hoc mis en place par les caucus régionaux, le scrutin s’est déroulé selon un protocole strict, validé par le Bureau juridique de l’Union africaine. La séance a été présidée par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, représentant le président en exercice de l’organisation continentale.

Avant l’ouverture du vote, une motion d’ordre portée par la délégation marocaine a brièvement tendu l’atmosphère. Celle-ci a dénoncé un processus jugé contraire aux principes de neutralité et de consensus, évoquant une possible entorse au mécanisme de rotation régionale. Malgré ces réserves, le processus électoral s’est poursuivi conformément aux dispositions arrêtées.
Le moment clé de cette journée a été l’élection du président du Parlement panafricain. Unique candidat pour la région d’Afrique du Nord, Faten Boutbig a été élu avec une large majorité de 118 voix, contre 51 abstentions et 15 bulletins nuls. Dans son serment, il a promis d’exercer ses fonctions avec « honneur et dignité », en s’engageant à servir les peuples africains et à défendre les textes fondamentaux de l’Union africaine.
Dans la foulée, le nouveau président a conduit l’élection des quatre vice-présidents, conformément à la répartition géopolitique du continent. Le Dr Ashebiri Weldegiorgis Gayo (Afrique de l’Est) a été élu premier vice-président avec 140 voix. Pour l’Afrique de l’Ouest, le Ghanéen Rolinx s’est imposé avec 131 voix face à son concurrent gambien. Le poste de troisième vice-président, réservé à l’Afrique centrale, est revenu à Djidda Mamar Mahamat, élu avec 150 voix sur 185 votants. Enfin, pour l’Afrique australe, l’Angolaise Arlete Borges a été élue quatrième vice-présidente avec 113 voix, face au candidat d’Eswatini, dans le respect du principe de parité et d’équilibre régional.

À l’issue des scrutins, les quatre vice-présidents ont prêté serment avant leur installation officielle, saluant dans leurs interventions la transparence du processus électoral et le rôle du comité ad hoc ainsi que de la Commission de l’Union africaine.
La délégation congolaise s’est particulièrement distinguée tout au long de ces travaux. Conduite par le professeur Jacques Djoli Eseng'Ekeli, elle comprend notamment les députés nationaux Sakata Tawab Moke Garry et Wangoie Marie Thérèse, ainsi que des représentants du Sénat, dont Ngoy Kasanji et Christine Mwando. Par leur participation active aux consultations inter-caucus, aux échanges politiques et aux différentes phases du vote, les élus congolais ont contribué à renforcer la présence et l’influence de la RDC au sein du Parlement panafricain.
En marge des élections, l’institution a également enregistré la prestation de serment de Véronique Wambé, seule membre investie sur les cinq composant la délégation de la République du Congo.
Avec l’installation de ce nouveau Bureau, le Parlement panafricain entame une nouvelle étape de son fonctionnement. Celle-ci est marquée par des attentes élevées en matière de gouvernance, de respect des équilibres régionaux et de consolidation de son rôle au sein de l’architecture institutionnelle de l’Union africaine.