Grands Lacs : la Chine appelle à renforcer la coopération minière et à lutter contre l’exploitation illégale et la contrebande

Le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda (Lualaba)
Le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda (Lualaba)

Intervenant lors de la session du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation sécuritaire et humanitaire dans la région des Grands Lacs, avec un accent particulier sur l’est de la RDC, marqué par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, l’ambassadeur Sun Lei, chargé d’affaires de la Mission permanente de la Chine auprès de l’ONU, a rappelé que la sécurité et le développement doivent aller de concert afin de s’attaquer aux causes profondes des conflits.

D’après le diplomate chinois, qui s’est exprimé mercredi 15 avril, les troubles chroniques dans la région des Grands Lacs ne découlent pas seulement de problèmes de sécurité immédiats, mais sont aussi étroitement liés aux déficits de développement et de gouvernance, notamment en raison de l’imbrication entre l’exploitation minière illégale et les activités armées.

Selon lui, au lieu de contribuer au bien-être des populations, les ressources de la région alimentent le cycle de violence. Pour relever ce défi, le diplomate chinois a affirmé qu’il est impossible de se fier uniquement à des mesures de sécurité à court terme.

"Une vision à long terme est nécessaire pour aider les pays de la région à surmonter le dilemme de la faible gouvernance et du sous-développement, et à renforcer le sentiment d'épanouissement, de bonheur et d'identité nationale de leurs populations. La communauté internationale doit soutenir les pays de la région dans le renforcement de la coopération mutuellement avantageuse en matière de ressources minérales et dans le démantèlement des filières d'exploitation minière illégale et de contrebande. Lorsqu'ils participent au développement des ressources régionales, les principaux pays étrangers doivent toujours garantir l'ouverture, l'inclusion et la transparence, et éviter toute instrumentalisation et politisation des ressources", a déclaré l’ambassadeur Sun Lei, chargé d’affaires de la Mission permanente de la Chine auprès de l’ONU.

Dans le même registre, l’ambassadeur Sun Lei précise que la Chine a toujours accordé une grande importance à la région des Grands Lacs et s’est engagée à promouvoir la paix, la stabilité et le développement de cette région. Selon lui, elle a constamment soutenu et défendu la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

"La Chine a annoncé une politique globale de droits de douane nuls pour 53 pays africains, dont ceux de la région des Grands Lacs, applicable à compter du 1er mai. Nous entretenons une coopération étroite avec les pays de la région dans des domaines tels que les infrastructures, les ressources minérales et l'industrialisation, contribuant ainsi de manière significative à la croissance des exportations, à la création d'emplois et au développement de la région. La Chine est disposée à poursuivre son action avec toutes les parties prenantes afin de renforcer la coopération mutuellement avantageuse avec les pays de la région et de contribuer à l'avènement d'une paix, d'un développement et d'une prospérité durables", a souligné l’ambassadeur Sun Lei, chargé d’affaires de la Mission permanente de la Chine auprès de l’ONU.

La situation dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans l’est de la RDC, s’est davantage aggravée depuis la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda. L’activisme de ce groupe armé et les affrontements avec les Wazalendo provoquent des déplacements massifs de populations, créant une crise humanitaire aiguë, avec près de 28 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire.

La tension sécuritaire persiste, exacerbée par des différends entre la RDC et le Rwanda. Ces différends sont liés, d’une part, au soutien présumé à la rébellion de l’AFC/M23 et, d’autre part, au soutien allégué aux FDLR. Malgré les efforts diplomatiques en cours, les deux parties continuent de s’accuser mutuellement d’être à l’origine de violations et du non-respect des engagements pris dans les différentes initiatives diplomatiques.

Dans le même registre, la République démocratique du Congo continue d’accuser régulièrement le Rwanda de piller ses ressources naturelles, en particulier dans l’est du pays, en instrumentalisant le groupe rebelle M23. Cette exploitation illégale, qui implique le trafic de minerais stratégiques tels que le coltan, l’étain et le tungstène, alimente le conflit et, selon Kinshasa, enrichit le Rwanda.

Clément MUAMBA