RDC–Belgique: “les raisons économiques, sociales ou financières ne constituent pas des motifs de demande d’asile”, Bruxelles insiste sur le respect de la Convention de Genève

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Le gouvernement du Royaume de Belgique a exprimé sa préoccupation face à l’augmentation croissante des demandes d’asile en provenance de la République démocratique du Congo, et appelle au respect de la procédure d’asile telle que réglementée par les conventions internationales reconnues, notamment la Convention de Genève. Cet appel a été lancé lundi 13 avril 2026 par la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt à Kinshasa.

Devant la presse à l’ambassade de Belgique à Kinshasa, Anneleen Van Bossuyt a insisté sur le fait que les raisons économiques ou sociales ne peuvent pas constituer des motifs valables de demande d’asile, comme c’est le cas actuellement pour plusieurs ressortissants en provenance de la RDC. Selon elle, la procédure d’asile s’applique uniquement aux personnes victimes de persécutions graves, qui craignent pour leur vie ou leur liberté.

"Les personnes viennent en Belgique et demandent de l'asile mais pour des raisons économiques mais ce n'est pas une raison pour obtenir l'asile. Je pense que c'est important de le souligner parce qu'il y a déjà une grande communauté congolaise présente en Belgique mais pour nous c'est important d'éviter que les gens viennent et de les informer que des raisons économiques ou sociales, des raisons financières ne sont pas des raisons pour lesquelles on peut recevoir l'asile", a martelé la ministre belge.

Toutefois, elle a précisé que son pays n’est pas opposé à la venue des Congolais en Belgique, mais souhaite que celle-ci se fasse dans le respect des normes établies. Selon elle, plusieurs des raisons invoquées par certains ressortissants congolais ne correspondent pas aux critères exigés pour une demande d’asile.

"Ce que l’on redoute, ce sont les raisons pour lesquelles les gens demandent l’asile. C’est-à-dire qu’ils ne demandent pas l’asile pour les raisons pour lesquelles il est prévu. Ces raisons sont bien définies dans la convention notamment la Convention de Genève. Je pense que c’est important de le souligner", a-t-elle ajouté.

En visite officielle pour la première fois en République démocratique du Congo, la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a inscrit à son agenda des échanges avec les autorités congolaises sur plusieurs dossiers d’actualité liés aux questions migratoires. Cette visite de travail constitue également une occasion pour la ministre de sensibiliser la population congolaise aux risques associés à l’immigration irrégulière.

Cette mission intervient dans un contexte où la Belgique est confrontée, depuis plusieurs mois, à une forte augmentation des demandeurs d’asile également appelés demandeurs de protection internationale en provenance de la République démocratique du Congo. Selon les autorités belges, les chiffres ont fortement augmenté, passant d’environ 1 250 demandes en 2023 à 2 500 en 2025. Cette tendance à la hausse se confirme au cours des trois premiers mois de l’année 2026, avec plus de 450 demandes déjà enregistrées.

La Belgique et la République démocratique du Congo entretiennent des relations historiques étroites. Ces liens se traduisent notamment par une présence congolaise significative en Belgique, composée d’étudiants, de travailleurs, de familles dans le cadre du regroupement familial et, plus récemment, par une hausse notable des demandes de protection internationale.

Clément MUAMBA