L’exploitation des minerais stratégiques en RDC, essentielle à la transition énergétique mondiale, génère elle-même d’importantes émissions de gaz à effet de serre, mettant en lumière un paradoxe au cœur des politiques climatiques.
Selon un rapport publié en mars par les ONG Afrewatch et Fern, la destruction des forêts de miombo liée à l’expansion minière a libéré environ 108,6 mégatonnes de CO₂ équivalent entre 2000 et 2024 .
Ces émissions correspondent, selon l’étude, à celles d’un pays comme la Belgique sur une année, ou encore à des millions de véhicules en circulation.
Les minerais extraits dans cette région, notamment le cobalt et le cuivre, sont pourtant indispensables à la fabrication de batteries électriques et au développement des énergies renouvelables, présentés comme des leviers majeurs de la décarbonation.
Mais pour les auteurs du rapport, la dynamique actuelle repose sur un modèle extractif difficilement compatible avec les objectifs climatiques internationaux.
L’absence de plafonnement de la production, combinée à des exigences limitées en matière de restauration écologique, contribue à un bilan environnemental négatif, malgré les usages “verts” de ces ressources.
Ce décalage met en évidence une tension croissante entre la demande mondiale en minerais critiques et la nécessité de préserver les écosystèmes forestiers, qui jouent un rôle clé dans la régulation du climat.
Pour Afrewatch et Fern, la transition énergétique ne peut être considérée comme durable si elle repose sur une dégradation accélérée des puits de carbone naturels, tels que les forêts de miombo.
Les organisations appellent ainsi à repenser les chaînes d’approvisionnement en intégrant des critères plus stricts de durabilité, mais aussi à réduire la pression globale sur les ressources, notamment par le recyclage et la sobriété.