Onze artistes féminines, parmi lesquelles des slameuses, parolières et humoristes de Bukavu, ont égayé le public lors du festival Binti Shujaa. À travers leurs prestations, elles ont transmis divers messages artistiques et sociaux. Organisé à l’initiative de l’humoriste Irène Ziyiruka, l’événement a offert une scène d’expression à plusieurs talents féminins qui se sont succédé devant un public enthousiaste.
À l’ouverture du spectacle, le groupe CAAC a donné le ton avec un message d’unité entre artistes de la région des Grands Lacs.
Le festival a également permis à de jeunes talents de se produire pour la première fois sur scène. Pour certaines participantes, il s’agissait d’un baptême artistique qui a renforcé leur passion pour la scène et l’humour.
C’est notamment le cas de l’artiste Nancy Bitrindi, qui montait sur scène pour la première fois de sa carrière. Parolière et slameuse, elle considère cette expérience comme une source d’inspiration.
« L’avantage de ce festival, c’est qu’il est dédié à la créativité féminine. Il promeut les artistes de Bukavu. Ce qui m’a personnellement captivée, c’est l’apprentissage et le partage avec les autres filles. Cela m’a donné confiance et courage pour évoluer, notamment dans la prise de parole en public », explique-t-elle.
Autre révélation du festival, Aksanti Buhendwa Dorcas, humoriste et étudiante à l’Université Officielle de Bukavu, a marqué les esprits par sa prestation. Présentée comme l’une des prodiges de cette édition, elle se produisait pour la première fois devant un large public.
« Le public a aimé ce que j’ai fait. Je suis fière et heureuse de voir qu’à Bukavu, on soutient ce que les femmes font. Cela me donne envie de continuer et d’aller plus loin », confie-t-elle.
Habituée des scènes et festivals, Prisca The Drunk figurait parmi les têtes d’affiche de cette première édition. Pour elle, Binti Shujaa représente une innovation dans le paysage culturel de Bukavu.
« C’est un festival à soutenir. Ne lâchons pas ces enfants : ce sont les enfants du Congo, de Bukavu et de l’Est. C’est un véritable espace où les femmes peuvent s’exprimer et prouver qu’elles sont capables, contrairement à certains préjugés », a-t-elle déclaré.
L’artiste a également qualifié l’organisation de ce festival d’« exploit » et d’initiative bénéfique pour la scène culturelle en République démocratique du Congo.
De son côté, l’initiatrice du festival, Irène Ziyiruka, explique que Binti Shujaa vise à offrir une plateforme d’expression aux femmes artistes et aux talents émergents.
« Nous voulons mettre en lumière ces femmes talentueuses qui contribuent chaque jour à faire rayonner notre culture. Le festival Binti Shujaa n’est pas seulement un événement artistique : c’est aussi un espace de rencontres, de partage et d’inspiration pour les talents féminins afin qu’elles puissent s’exprimer librement et inspirer toute la communauté », souligne-t-elle.
Le festival Binti Shujaa vient ainsi rejoindre Mwanamuke Kipaji, l’un des rares événements culturels dédiés à la promotion des femmes artistes dans la région.
Pour cette première édition, plusieurs activités ont été organisées à Bukavu, notamment une caravane humoristique, deux master class, une foire entrepreneuriale et deux galas, dans le but de valoriser les talents et les initiatives portés par les jeunes filles.